Que dire de ce récit à la première personne ? Récit dérangeant, récit cynique, récit pessimiste.....Un peu des trois.
L' auteur nous raconte sa vie de médecin neurologue en commençant par ses premiers pas en tant qu'interne des hôpitaux puis comme chef de clinique et enfin comme médecin libéral.
Si la médecine qui nécessite un énorme investissement personnel, le sacrifice de longues années d'études semble pour la plupart être avant tout une vocation, il n'en est pas ainsi pour notre narrateur devenu médecin par hasard.
Nous le suivons jeune interne se cachant lors de ses gardes, multipliant les examens complémentaires sur ses patients afin de retarder un diagnostic qu'il est incapable de faire.
On se dit alors que tout cela est normal: les internes sont encore en pleine formation, ils sont là pour apprendre mais notre narrateur ne se voile pas la face: il avoue son ignorance des gestes les plus basiques et là une question se pose au lecteur: comment a-t-il pu devenir ce spécialiste dans une discipline aussi exigeante que la neurologie?
Les années passent et le voilà chef de clinique n'aspirant qu'à une chose: fuir au plus vite l'hôpital, s'installer en libéral afin de pouvoir choisir ses patients: il ne suivra que ceux atteints d'une pathologie bénigne et enverra les cas les plus graves chez ses confrères......
Alors certes ce récit d'un médecin qui n'aime pas la médecine, qui ne voit pas l'intérêt de soulager ses patients, qui déteste les infirmières, qui n'aime pas les malades peut faire bondir ou être perçu comme un acte de courage qui désacralise la profession.
Pour ma part j' espère sincèrement que des "cas" comme lui sont rares et que l'acte courageux aurait été pour lui d'abandonner cette profession.......
Antoine Sénanque aime particulièrement Céline qu'il cite souvent et il est vrai que l'on retrouve cette forme de cynisme chère à cet auteur. Oui mais voilà.....N'est pas Céline qui veut!!!!!!!!
Un livre que je ne recommande absolument pas!!!!!