J'ai débuté ma lecture avec cette impression de devoir digérer un Goncourt supplémentaire sur la première guerre mondiale, qui n'arrivera jamais au niveau littéraire d'Henri Barbusse pour Le Feu.
Et bien, Monsieur Georges Duhamel a eu très vite raison de mes aprioris, dès les premières lignes. J'ai dévoré ce livre écrit par un auteur remarquable, qui s'est servi de son expérience de médecin-chirurgien en première ligne du conflit.
Il s'agit de plusieurs récits distincts, écrits avec un style et des mots magistralement justes et percutants pour décrire des scènes de vie d'hommes massacrés par cette guerre.
A travers ses personnages, l'auteur humanise, et parfois ironise, chaque situation sans tomber une seule seconde dans le pathétisme ou le patriotisme. C'est saisissant et parfois même drôle.
Paradoxalement, c'est un livre qui fait du bien où la dignité des poilus est mis à l'honneur face à l'horreur et la souffrance.
Écrit avec beaucoup de pudeur et de respect par un grand humaniste, à lire absolument.
"Sainte chair humaine, substance sacrée qui sers à la pensée, à l'art, à l'amour, à tout ce qu'il y a de grand dans la vie, tu n'es plus qu'une pâte vile et malodorante que l'on prend entre les mains avec dégoût pour évaluer si, oui ou non, elle est bonne à tuer !"