Avis sur

Du côté de chez Swann par Alexandre Escat

Avatar Alexandre Escat
Critique publiée par le

Première partie de A la recherche du temps perdu, Proust nous délivre une incroyable capacité à exploiter chaque petite chose et à en exhumer leur impact sur les différents personnages qu'il met en place.

Loin d'être un roman comme les autres, le style de Proust se base sur une introspection poussée de personnes en les faisant éprouver des sentiments que l'on connait tous. Je n'ai jamais lu un livre qui décrit des sensations avec autant de précision que le fait Proust.

Composé de trois parties bien distinctes dans le traitement, ce livre dévoile de nombreuses choses très différentes qui ne peuvent que donner envie de lire la suite.
La première partie, Combray, est centrée sur un personnage "je" dont on ne connait pas le nom et qui réfléchit surtout au temps qui passe et au rappel de souvenirs lointains mais toujours présents. Proust exploite notamment la réminiscence grâce à l'association des sens et des souvenirs avec son célèbre et puissant passage de la madeleine autour d'une tasse de thé.
La seconde partie, Un amour de Swann, est une sorte de roman dans le roman dans le sens où il se passe dans un autre cadre temporel que la première partie. C'est tout simplement l'histoire d'amour entre Odette de Crécy et Swann. Cette partie est sûrement la plus intéressante du roman car Proust y décrit l'ensemble des sentiments possibles éprouvés lors de l'amour. Vous y retrouverez le début d'une relation, les petits moments à deux, la jalousie et enfin la routine. Beaucoup peuvent se reconnaitre dans ce passage dû à son immense acuité et vous vous faites rapidement surprendre à vous souvenir de relations passées ou présente(s) et à comparer vos sentiments à ceux ressentis par Swann. Vous vous surprenez à rire ou à trouver certains moments amoureux mignons.
La dernière partie, Nom de pays : le nom, raconte la volonté de voyage du "je" malade et à son amour naissant. Je n'ai pas énormément de choses à dire sur cette partie qui annonce le prochain roman en contrastant avec une des parties de celui-ci Nom de pays : le pays.

Beaucoup disent que Proust est un style difficile à lire. Je dirai plus qu'il est complètement différent de ce qu'on a l'habitude de lire et qu'il déroute au premier abord plus qu'il ne soit inabordable. Certes il utilise des phrases à rallonge dont parfois on est obligé de revenir plus haut pour chercher le sujet ou le verbe et certes il utilise des immenses paragraphes dont on a l'impression qu'on ne finira jamais, mais le roman se base plus sur les pensées des personnages et leur évolution suite à différents petits événements. Ce qui fait que les parties narratives sont plus importantes et plus intéressantes que les dialogues. Cela me fait un peu penser à Sur la route de Kerouac qui est un peu du même style. Ce livre reste toutefois vraiment abordable pour ceux qui veulent se faire une idée de Proust. J'attends avec impatience de lire les suivants afin de voir le traitement de certains autres thèmes chers à Proust comme l'homosexualité, mise un peu au second plan dans ce roman.

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 341 fois
Aucun vote pour le moment

Alexandre Escat a ajouté ce livre à 1 liste Du côté de chez Swann

Autres actions de Alexandre Escat Du côté de chez Swann