A quand la suite ?

Avis sur Dyablès

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J’ai été lectrice de littérature d’épouvante il y a longtemps ; c’est un style que j’ai abandonné.

Et, Si cela n’avait pas été un roman se passant en Guadeloupe, je n’aurais pas lu Dyablès.

En revanche, le simple fait de savoir qu’il s’agissait d’une histoire d’horreur Guadeloupéenne suffit à me convaincre.
En effet, trop peu de fictions racontent mon pays, nous privant à la fois d’une forme de distanciation par rapport à notre réalité et d’un vecteur de sentiments et de frustrations exprimés avec nos codes.

Un ami m’a donc fait parvenir le livre.

J’ai tout d’abord eu quelques craintes. J’avais peur de prendre plus de temps à décrypter le créole que de plaisir à lire.

Le livre prenait sous cet angle une forme de défi, de test de mes compétences.
Ce premier point a été vite balayé. L’écriture fluide et dynamique permet sans contrainte de lire en se passant rapidement de la lecture à haute voix.

L’histoire est prenante et les personnages attachants. J’ai reconnu dans chacun quelqu’un de mon entourage.
Ma sœur, mon ami Tit’, un autre ami prof de créole, mes parents, la maison de mes parents, mon ancien appart, la maison des parents de Tit et un peu de moi en Gabryel.

Il est aussi intéressant de cheminer a coté des protagonistes sans avoir à imaginer les lieux.
Dans le livre, Les Rétifs, l’héroïne marche a Pointe-à-Pitre, la description des lieux m’avait gênée La progression dans le décor ne me semblait pas crédible. Dans le cas de Dyablès les descriptions sont suffisantes à, soit imaginer, soit situer l’endroit dont il est question. C’est une expérience de lecture inédite à l’échelle de la Guadeloupe, qui favorise l’identification et frôle le livre dont vous êtes le héros.

L’histoire de Dyablès est vraisemblable et surtout cohérente. A aucun moment je ne me suis dit : « Ce n’est pas possible !».
Ah si…Quand Jesika se prépare…Un bijou violet avec un maquillage vert et bleu sur une robe noire m’a semblé étrange d’autant qu’elle ne m’était pas le maquillage dans le bon ordre ; on finit par le mascara. Même cela était crédible ca faisait de Jesika qq’un d’un peu blip sous ses airs. Ainsi, elle ressemblait moins à ma sœur, d’ailleurs.

Manquant de comparaison il m’est difficile de parler du style de l’auteur. Je pense cependant qu’il devra d’avantage s’affirmer ; ce n’est que son premier roman en créole. Les inserts de parties plus lyriques dans les actions rapides ou dangereuses sont intéressants et méritent d’être affinés afin qu’ils puissent, eux aussi, servir le propos.

Parfois, j’ai trouvé que les choses étaient dites, pas suggérées.
J’aurais souhaité voir en filigrane les raisons qui poussent certains à ne pas regarder la télé ou ne pas trop sourire aux hommes…
Cela aurait nécessité, cependant une introduction plus longue sur la vie d’avant et aurait privé le lecteur de la scène d’ouverture…Alors, l’un dans l’autre, je préfère avoir peur dès le début .

Qui sait peut-être dans un court métrage en prequel, Dyablès Origins.

Il y a cependant une chose qui à mon sens a foiré : La gestion du temps dans la première partie. Il faut faire un effort pour comprendre la chronologie des événements. Les éléments sont présents dans le texte, mais pas au bon moment. Dans un livre, l’action de passe au même moment pour tout le monde. Sinon il faut procéder en flashback en marquant dès le début la temporalité : pendant ce temps, hier, il y a quatre mois…Cela ne gêne pas la compréhension globale mais ça atténue certains effets du au temps qui passe.

En résumé j’ai passé un bon moment, le livre se lit vite et on a envie de connaitre la suite. Il permet de se positionner par rapport à des thématiques nous concernant.

Bref a quand la suite ?

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