Mon coup de cœur de l'année

Avis sur Einstein, le sexe et moi

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Olivier Liron est autiste Asperger. Il est très attaché à ses habitudes et éprouve parfois des difficultés à se lier avec les autres. Il est aussi plus intelligent que la moyenne et a une mémoire incroyable. Ce qui l’a mené sur le plateau de Questions pour un champion, à plusieurs reprises. Olivier Liron ne fait pas les choses à moitié et le voilà aujourd’hui à Questions pour un super champion. Entre deux tours de jeu, coincé entre ses adversaires, il se raconte. S’indigne. Se confie. Sur les difficultés de son intégration sociale et scolaire, la méchanceté des gamins qui l’ont persécuté, la violence de l’indifférence du personnel éducatif. Tandis que l’ambiance bat son plein et que l’angoisse le dispute à l’excitation, il évoque l’amour (sa déclaration, à la fin du chapitre 16, vaut à elle seule qu’on relise le bouquin trois fois), des femmes, de l’Homme, de l’art. Autrefois mécompris, moqué, brimé, fustigé, il brille par sa candeur, belle comme chez Stendhal, et fait de la différence qu’on lui a reprochée une force éblouissante.

La grande différence que je vois, chez Olivier Liron, c’est qu’il a compris plus de choses sur la nature humaine que bien des autoproclamés penseurs du monde. Il met plus de poésie dans un paragraphe que beaucoup n’en mettront jamais dans une vie entière. Il passe, avec une habileté déconcertante, du lyrisme le plus pur à un humour décapant (les descriptions des candidats sont hilarantes, comment diable un érudit de sa trempe peut-il faire rire comme ça ?).

Ode à l’acceptation, de soi, de l’autre, invitation à vivre sans mode d’emploi, Einstein, le sexe et moi doit être lu. Grand bien t’a pris, Olivier, d’écrire ce bouquin. Ils ont ça d’exceptionnel, les gens exceptionnels : tout à leur humilité, ils ignorent souvent qu’ils le sont. Il faut saisir la chance de ces rencontres, lorsqu’une personne exceptionnelle vous dit « Je vais vous parler de moi. » Je me suis émue de ta sincérité, j’ai vibré de ta ferveur, le temps de 200 pages, et j’en reste imprégnée. Alors je me lève, et je te salue. Avec la même envie que tous, après t’avoir lu : te faire un gros câlin.

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