Chez Robin Hobb, tout réside dans son art de l'introduction. Elle est une écrivaine qui prend son temps pour installer ses récits, ses personnages – leurs relations, leurs états d'âme. C'est long, c'est lent et, quand il s'agit d'un des récits mettant en scène FitzChevalerie, le bâtard royal, c'est lourd en répétitions et auto-flagellations.
C'est qu'il aime beaucoup s'excuser, le bougre.
Fool's Assassin démarre une dizaine d'années après la conclusion de Fool's Fate. Fitz profite enfin d'une vie campagnarde, loin des turpitudes de la cour, avec son épouse Molly. Les deux premiers tiers du roman couvrent à nouveau quinze ans de la vie de l'ancien assassin, en apparence paisible mais perpétuellement secouées de troubles en tout genre : sans rentrer dans les détails, il y a des pertes, il y a des retrouvailles, il y a des arrivées. Car non, Fitz n'a pas au droit au repos qu'il aurait pourtant bien mérité !
On pourra reprocher à Fool's Assassin d'être long, lent et répétitif et ce serait pleinement justifié. Les réminiscences et les réflexions de Fitz reviennent souvent sur les mêmes problèmes, sans pour autant leur apporter une solution souvent évidente – mais c'est ainsi que notre pleurnichard favori a toujours fonctionné. Et l'arrivée d'une nouvelle narratrice, la petite Bee, vient régulièrement secouer le récit, même si l'envie d'engueuler un bon coup toute la bande est souvent présente, tant les problèmes accablant les personnages sont si désespérément banals
Fool's Assassin est un roman confortable, charmant, qui pose en douceur les fondations de ce qui suit. Et la conclusion mouvementée, choquante n'aurait pas eu le même impact sans la langueur et la longueur de ce qui précède.