Horrora borealis...
Ou un thriller efficace et percutant, oscillant entre les paysages glacés de Laponie et les (faussement) calmes rues de la cité estudiantine suisse qu'est Neuchâtel. Et c'est là que Nicolas Feuz réussit un pari audacieux : il arrive à lier ce qu'on fait de mieux dans le polar contemporain à la Maxime Chattam, en l'ancrant dans une réalité parfaitement locale d'une petite ville suisse qu'il connaît totalement pour y vivre et y officier.
Car oui, on n'y échappera pas, l'auteur est lui-même procureur de la République du canton de Neuchâtel... Ce qui fait de lui un conteur privilégié, qui ne manque pas de se montrer acerbe vis-à-vis de la profession, et d'imprégner son récit de ses connaissances et de la véracité de ses expériences.
Et outre cela, le petit suisse qu'est Nicolas Feuz n'est pas mou du genou : explosions gores, intrigues tordues, récit partant au quart de tour et rythme infernal, ... Bref, il reprend bien les codes du genre, ponctuant son récit de quelques références à un certain Stephen King dont la parenté de style (incisif, percutant) n'est pas à démontrer.
Tout ça pour dire que les 300 pages fondent comme neige au soleil...
Un seul bémol ? Cette taille mini ne permet pas l'exploration précise des psychologies des différents personnages, et ça peut être dommageable au récit... Mais ne nous mentons pas, Horrora Borealis est un page turner helvétique réussi et à lire au plus vite !