Trop de tout, à en vomir de la SF par le nez

Avis sur Hypérion - Les Cantos d'Hypérion, tome 1

Avatar Igguk
Critique publiée par le

On m'avait conseillé Hypérion, le qualifiant de bouquin fondateur, d'oeuvre immense, de chef d'oeuvre.

Y'a qu'à lire les critiques sur ce site, c'est LE truc à lire en SF !
Faut que j'arrête d'écouter les gens moi...

Le premier truc qui m'a frappé/énervé est la tendance de Simmons à sortir des termes scientifico-futuristes toutes les lignes sans rien expliquer, à balancer plein de noms de planètes ou de technologie comme si on était familiers de son monde, le tout dans un style pompeux indigeste. Je veux bien qu'on ait des notions à réinventer quand on écrit de la SF, mais à ce point là on dirait qu'il veut nous montrer qu'il a la plus grosse (mythologie) sans prendre le temps de la développer, en se la jouant savant toutes les deux lignes avec des mots scientifiques (enfin presque...) compliqués pour faire genre.
Là où Dune pouvait nous dévoiler son univers petit à petit par les yeux de son héros, Hypérion nous l'envoie à la gueule sous forme de parpaing enroulé dans un script.

Deuxième point vraiment, mais alors vraiment lourd à digérer: les thèmes !
C'est simple, faites une liste de tous les thèmes récurrents de la SF, ils seront dans ce livre: guerre stellaire, colonisation, cyberpunk, IA, voyage temporel, artefact extra-terrestre, polar spatial, religion, technologie, etc... Il y a tout, littéralement, il a voulu tout faire rentrer dans une histoire, et ça part dans tous les sens. Alors oui, ça fait "œuvre magistrale", "colossale", tout ça... Mais dans le mauvais sens.

Comment on peut aborder tout ça dans une histoire ?
Oh, facile, prenez une demi-douzaine de personnages, rassemblez-les, et faites-les se raconter leur passé à tour de rôle. Chacun aborde un univers ou un thème assez différent, et se rejoignent plus ou moins sur la fin.
Ce qui est dommage, c'est que chaque personnage est plutôt intéressant à découvrir, mais ce procédé narratif fait qu'on se retrouve au final devant un recueil de nouvelles déguisé, passant d'un personnage à l'autre, laissant complètement le précédent de coté à chaque fois, et la frustration qui va avec.

Pour visualiser un peu, prenez les moments où Le Trône de Fer change de chapitre et de personnage, et imaginez que à chaque fois, vous ne revoyez plus ce personnage jusqu'à la fin du tome... Voilà, c'est à peu près cette impression que j'ai eu.
Bien sûr, vous reliez le tout avec un mystère commun bien louche et effrayant pour que ça colle ensemble, histoire de...
Le tout manque au final surtout de subtilité, de finesse pour faire avaler au lecteur son univers.

Alors oui, vous me direz "il faut lire la suite", "ça prend tout son sens après", etc... Mais un bouquin qui met 500 pages indigestes à se mettre en place, c'est un peu trop pour moi.
Et j'ai vraiment envie de savoir la fin, parce que les personnages sont tous intéressants, je me dis que j'attendrai l'adaptation télé sur HBO...

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