L'Histoire des belles familles
Peu après 1968, un Français épouse une Américaine. De là, jusqu'à nos jours, l'on suit tranquillement les vies des deux belles familles, au gré des relations internationales, et plus particulièrement des relations franco-américaines. La France quitte l'OTAN, Kennedy meurt, Mitterrand est élu, les Etats-Unis s'embourbent en Irak etc. Chaque affrontement ou alliance du couple franco-américain est l'occasion d'échanges entre les deux familles, chacune essayant de définir face à l'autre une identité nationale hypothétique.
Les deux familles incarnent si bien l'esprit des deux pays que les personnages en viennent à manquer de matière. La lecture n'est pas désagréable pour autant, elle se contente de suivre les cahots de la petite histoire franco-américaine de ces cinquante dernières années. L'histoire semble ne s'arrêter que parce que l'auteur écrit plus vite que le temps passe. Et c'est peut-être le problème : peu ou pas de direction dans ce roman seulement guidé par le doux bercement de l'histoire et des gros titres. S'il parvient à éviter les clichés, il ne réussit pas à créer un quelconque enjeu pour les personnages – et pour le lecteur.