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le 29 mai 2015
SuivreTrashouille dialogue
Pas inintéressant sur le fond, « Je suis le peuple qui manque » souffre d’un pêché originel dans sa construction. Le format de discussion entre « l’étudiant » et « la lascarde » oblige l’auteur à...
Pas inintéressant sur le fond, « Je suis le peuple qui manque » souffre d’un pêché originel dans sa construction. Le format de discussion entre « l’étudiant » et « la lascarde » oblige l’auteur à radicaliser leurs propos de manière assez artificielle, ce qui donne des « arguments » souvent outrancier ou assez faibles d’un point de vue théorique.
On m’objectera certainement que l’exercice pamphlétaire veut ça, que la recherche de la formule marquante, de l’impact sacrifie parfois le fond pour faire passer ses idées, pas à la manière d’un déroulé argumenté mais plutôt d’un bulldozer… sûrement.
Sûrement, mais du coup le dialogue n’a pas grand sens, l’étudiant est bien évidemment d’une bêtise ovine à couper le souffle, séide du pouvoir en place, qui fait où on lui dit de faire. C’est une posture intéressante d’attaquer le dominé devenu incapable de se révolter pour atteindre les responsables de l’état de domination perpétuel, mais finalement assez vain.
Et ce d’autant plus quand le discours de « la lascarde » est un salmigondis invraisemblable de réflexion plus ou moins poussées autour de la désobéissance obligatoire, de l’arnaque du système comme unique moyen de se défendre, sur la confusion entre travail et loisirs…
La partie la plus intéressante est d’ailleurs à chercher de ce côté : être assisté (chômeur, Rmiste, stagiaire, allocataire, retraité…) n’est qu’une forme différente de travail dans le monde contemporain qui assume pleinement la nécessité des « inactifs » pour asseoir le statu quo et la nécessaire domination du « contrôle ». Parce que la consommation est le but ultime, la diffusion de la publicité y compris auprès des populations sans travail leur permet d’assurer leur participation la bonne continuité de la société en dépensant les revenus qui lui sont généreusement octroyés.
Mais ça fait peu pour sauver l’ensemble qui est finalement assez indigeste malgré sa taille et bouffi de remarques acerbes pas toujours intéressantes. Restera dans cet opuscule des années 90 une façon prémonitoire d’envisager deux formes de jeunesses, séparation que l’on retrouvera plus tard dans les bouquins du comité invisible ou de Tiqqun.
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le 29 mai 2015
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le 29 mai 2015
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