Gustavo « Grandroute » Sanchez est un homme dans la cinquantaine, peut-être plus, un homme aux nombreux talents, plus ou moins farfelus si on omettait le plus important : Grandroute serait le plus grand commissaire priseur du monde. Une passion découverte sur le tard et qui n'est pas sans conséquences sur sa vie personnelle. En effet, le fantasque commissaire priseur avait obtenu lors d'une vente aux enchères plus que louche les dents de Marilyn Monroe. Il avait alors fait retirer les siennes pour les remplacer par celles présumées de l'actrice. Puis il a décidé de vendre ses anciennes dents en faisant croire qu'elles avaient appartenu à d'illustres personnages.
Personnage doucement menteur, joyeusement grandiloquent, Grandroute anime ce roman à la réalité floue, incertaine, grotesque. D'un franc humour à l'ironie distante, le texte oscille entre plusieurs tonalités qu'il est difficile de cerner. Sa composition en elle-même est assez curieuse, alimentant la confusion avec la rélité, se terminant par un reportage photographique et une chronologie attribuée, paraît-il, à un précédent traducteur.
L'histoire de mes dents n'est pas un ouvrage que tous pourraient apprécier, car il demande au lecteur d'accepter de se laisser entraîner dans son petit univers, de se défaire d’un certain conformisme. Mais pour tous ceux qui auraient envie de sortir des sentiers battus, de découvrir, tout simplement, alors ce curieux roman à la couverture si attrayante est un étrange livre, qui nous emmène dans un bien curieux monde, celui de Grandroute.