Critique de la Bête Humaine

Avis sur La Bête humaine

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Roubaud, sous-chef de la gare du Havre, a épousé Séverine qui est protégée (ainsi que son mari) par le riche et vieux « président Grandmorin ». Celui-ci a pris Séverine sous son aile lorsqu’elle était toute jeune mais a abusé d’elle. En réalisant cela, un soir, Roubaud décide, après avoir assommé sa femme pour la remercier de ses aveux, de se venger : Grandmorin doit mourir et sa femme l’aidera dans cette opération – moyen assez peu conventionnel pour renouer les liens dans son couple, mis à mal par cette révélation.

Le duo se débarrassera du « président » au cours d’un trajet en train mais sera entr’aperçu par Jacques Lantier, un mécanicien qui travaille dans la même compagnie de chemin de fer que Roubaud. Il se trouvait au bord de la voie pour fuir son envie de tuer Flore, fille de « tante Phasie » que Jacques était venu visiter. L’assassinat de Grandmorin sera rapidement connu et l’instruction de cette affaire donnera l’occasion à Lantier et aux Roubaud de se rencontrer, ces derniers comprenant qu’ils ont intérêt à se mettre le jeune homme dans la poche pour éviter quelques problèmes.

Même si l’affaire sera enterrée (temporairement ?) par le juge d’instruction Denizet, sur les conseils du secrétaire général au ministère de la justice, Camy-Lamotte, les rencontres entre les Roubaud et Jacques Lantier se poursuivent.

Mais ce ménage à trois va poser problème. Séverine et Jacques sont attirés l’un par l’autre tandis que Roubaud sombre dans l’univers du jeu, se désintéresse de sa femme (et inversement). Les amoureux doivent-ils tuer Roubaud pour pouvoir vivre tranquillement ? Partir aux Etats-Unis ? Où se voir et comment faire pour ne pas être vu de Roubaud et du voisinage ? Les moments vécus avec Séverine permettront-ils à Jacques de ne plus avoir de pulsions meurtrières ? Ou bien « l’hérédité » sera-t-elle plus forte ? Que deviendra « tante Phasie », qui se prétend empoisonnée par son mari (Misard) car elle refuse de lui donner les 1 000 francs qu’elle possède ?

La suite de La bête humaine (1890) d’E. Zola, dix-septième volume de la série des Rougon-Macquart, apportera des réponses – pas toujours heureuses –, à ces questions, au fil des événements qui se dérouleront le long et de part et d’autre de la ligne le Havre-Paris. Ouvrage dense, mêlant de nombreux thèmes* sur une période allant du mois de février 1869 à juillet 1870 (la Prusse ne gagnera pas !), il ne se termine pas sur une note d’espoir, la fin de nombreux personnages précédant celle, à venir, du Second Empire.

Un des passages que je préfère dans ce roman est le chapitre VII. La Lison, avec à son bord Jacques et Séverine, se retrouve immobilisée dans la neige, par un vendredi de décembre, à proximité de chez « tante Phasie ». La complicité entre Jacques et sa machine pour essayer de forcer le passage apparaît de manière éclatante, même s’ils devront s’incliner et attendre l’arrivée des secours pour dégager la voie. Le refuge des passagers chez tante Phasie sera alors l’occasion de voir 1) que l’état de « tante Phasie » empire (serait-elle donc bel et bien empoisonnée ?) et 2) la jalousie de Flore envers Séverine, qui aura des conséquences dans la suite de cette oeuvre.

  • Pour n’en citer que quelques-uns : la jalousie, les mensonges et les aveux, la vengeance, les violences conjugales et extra-conjugales, la force de l’argent, les rivalités et bavardages dans les logements, les mœurs du milieu ferroviaire, la justice sous influence.
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