Basé sur un fait historique réel, ce roman nous emmène dans le Sud des États-Unis, plus précisément dans la ville de Memphis, à la fin du 19e siècle. On y suit trois personnages : Emmy, jeune adolescente métisse qui vit seule avec sa mère, ancienne esclave encore au service d’une famille bourgeoise ; Anna Cook, une femme blanche au caractère bien trempé, qui tient le bordel le plus chic de la ville ; et enfin Keathing, suprémaciste blanc et rédacteur en chef du journal local. Leurs destins vont se croiser et s’entremêler à cause d’un mal étrange qui frappe soudainement la ville : peu à peu, des gens s’effondrent, leur langue est noire, ils sont fiévreux et délirent… La panique se propage aussi vite que l’épidémie.
Roman de la rentrée littéraire, il se démarque par cette étrange résonance de la thématique avec l’actualité. On a beau être en 1878, on retrouve quelques similitudes avec la gestion de la crise du coronavirus en 2020 ! Au-delà de cette coïncidence de calendrier, l’intérêt du roman réside dans son rythme entrainant, ses personnages attachants (pour certains) et la plongée historique dans la chaleur étouffante d’une ville américaine du Sud où règne une ambiance ségrégationniste bien marquée.
L’écriture de Sébastien Spitzer est simple, voire même un peu plate à mon goût, mais elle a l’avantage d’être facile à lire : on arrive donc vite à bout des 300 pages !