Le sujet de la possession démoniaque a été maintes et maintes fois utilisé dans la littérature et le cinéma. Cependant, c'est avec un certain attrait que j'ai entamé la lecture de ce livre, puisque cette fois-ci le narrateur est le démon.
L'originalité ne réside pas seulement dans cette inversion narrative, mais également dans l'approche que ce démon, Ganaël, a du concept de possession. Et là où on pense faire la lecture de l'Exorciste façon Pazuzu, on se rend vite compte qu'on fait fausse route. Et c'est tant mieux. Il faut dire que le bandeau de l'éditeur, m'annonçant un récit plus effrayant que ce fameux film, est trompeur pour qui cherche du réel frisson.
Je n'aurais jamais cru dire ça, mais il est davantage question d'amour, d'amour fusionnel disons, que de prise de pouvoir des humains. Les démons sont très surprenants et l'auteure se plaît à casser les clichés entretenus depuis des temps immémoriaux sur leur apparence et leurs méthodes.
J'ai beaucoup apprécié la lecture de ce livre, très onirique, même si certains passages ne sont pas évidents à se représenter. Il faut bien s'imaginer que le démon, qui n'est pas vraiment matériel, peut prendre diverses formes et agir sur l'environnement de différentes manières. Et parfois on ne sait plus très bien, en tant que lecteur, où nous en sommes.
Ce livre nous questionne également sur la responsabilité du Mal. Est-ce uniquement l'apanage des démons ou bien vient-il en grande partie de nous-mêmes?
Vaste sujet. Vous avez quatre heures.