Un sujet d'une grande force -et peu abordé : la fabrique des enfants aryens "parfaits" du 3è Reich et ce qu'il en advient après 45.
Une écriture d'une grande force : certains passages sont éblouissants, par la force des images, du langage.
Les parallèles entre ces enfants qui n'ont rien choisi et les victimes connues du nazisme, qui pourraient sous une autre plume être malvenues, sont pertinents et suscitent empathie et réflexion. L'absurdité de l'idéologie, de la démarche nazie, et de ses incohérences est brillamment dénoncée.
Mais le choix assumé de la répétition dans ce récit, et la volonté de souligner l'absence de mémoire, de passé, le besoin de reconstruction de la protagoniste, prennent à mes yeux trop de place. (Trop de livres d'ailleurs ressassent cette question de la mémoire défaillante, incomplète, de la reconstruction d'une vie). Malgré ces réserves, ça reste un livre que je recommande grandement, une claque.