Trois destins qui se nouent mais qui sont si dissociables

Avis sur La Tresse

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Dernier livre lu en 2018, j'ai commencé ce livre sans trop savoir dans quelle direction j'allais m'engager. Je l'avais vu passer de nombreuses fois sur les réseaux sociaux sans pour autant m'y arrêter moi-même.

Tout dans ce court roman fait référence à une sorte de trinité, bien au delà de ce que nous apprend le christianisme. Il ne s'agit pas ici de religion, mais pourtant le sens spirituel est conservé : trois personnes, égales, participant d'une même essence et pourtant fondamentalement distinctes. Ces trois femmes, ne vont jamais se rencontrer, ne vont jamais imaginer l'existence de l'une ou de l'autre, mais comme le tissage précis de la tresse, les trois brins parfaitement distincts, vont se lier indépendamment pour créer une chose beaucoup plus forte que pris indépendamment.

Car, oui, ce livre c'est un cri poussé par trois femmes à la culture, aux origines, à la religion, aux espoirs, aux désirs, totalement différents. Et pourtant, ce que chacune d'elle va accomplir les rendra encore plus forte qu'elle ne l'étaient au début de leur aventure et croyez-moi elle n'en manquait déjà pas.

Ce livre va bien au delà de quelques lignes jetées sur une page blanche, l'histoire pourra sans doute attendrir certains, en particulier Smita qui si loin de notre cadre confortable aura eu une existence si dure. Mais, ce n'est pas vraiment mon cas, je ne me suis tout simplement pas attachée à aucun des personnages : oui, j'ai un cœur qui bat, mais je pense avoir volontairement pris une distance avec ces personnages, pour ne pas souffrir plus que je ne souffrais déjà par ma propre expérience. Ce livre est sans conteste plein d'espoir mais aussi très dur, à ne pas mettre dans les mains d'un dépressif chronique, on ne sait pas si le but serait de lui remonter le moral ou de le plonger un peu plus dans les méandres noirs de son cerveau. J'exprime ici plus ce que j'ai ressenti en lisant ce roman, qui pourra sans doute parler à chacun à son petit niveau, nous qui ne voyons souvent que par le petit côté de la lorgnette, égoïste de notre propre histoire. Alors oui, chacune de ces femmes, à sa façon, est sans-doute égoïste, mais qui leur en voudront au final, comment pouvons-nous permettre de les juger ?

Je ne sais pas si Laëtitia Colombani a un lien de parenté avec Jean-Marie, peut-être l'un de vous pourra me renseigner à ce sujet, mais, pour celui qui dirigea le journal du Monde, ici Laëtitia a réussi a nous faire faire un tour du monde avec une ligne non pas éditoriale mais une sorte de ligne du cœur qui une fois la dernière page tournée, laisse un petit pincement au cœur. Juste une petite une ellipse temporelle m'aurait suffi pour savoir quelques mois après, qu'étaient devenus ses femmes et si tout ce qu'elles avaient sacrifié avait servi à quelque chose, mais si la réponse avait été négative, le sentiment ressenti tel qu'il est en fermant le livre aurait sans doute un autre goût, ici on gardera l'espoir du peut être ... ou pour les plus pessimiste du peut-être pas, à vous de savoir si vous préférez voir le verre à moitié plein ou à moitié vide, mais posez-vous juste une dernière question : elles, comment voyaient-elles ce verre ?

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