On doit reconnaître à l'auteur une excellente connaissance du roman de Flaubert, et l'idée d'imaginer une suite à Madame Bovary est séduisante. C'est d'ailleurs plutôt réussi pour le personnage d'Homais. Pour Berthe, la fille d'Emma, le retour sur les traces de sa mère est intéressant, notamment parce que ce retour s'effectue de manière consciente - la récolte d'anecdotes du passé chez les Homais - et inconsciente - des éléments clés de la vie d'Emma comme le fiacre réintégrés dans le parcours de Berthe sans qu'elle le sache. Ce dernier procédé permet de créer une agréable complicité avec le lecteur. Cet effet positif, pourtant, disparaît au cours du roman, parce que la réécriture s'effectue toujours au net détriment de Berthe, et que l'auteur place systématiquement son personnage dans des situations sordides. S'installe alors un sentiment de dégoût ; c'est alors qu'on se dit que l'ironie de Flaubert manque terriblement.