C'est officiellement mon deuxième nanard de l'année, mais il m'a été bien plus facile d'aller au bout de celui-ci. Donné par ma cousine, j'ai eu envie d'essayer car après tout, 2025 est l'année de toutes les folies et de toutes les expérimentations (je vais probablement finir par craquer à un moment, je ne vous le cache pas). Caroline, la fameuse fille de Séréna, laquelle est apparemment l'héroïne d'une précédent opus, se retrouve bien malgré elle témoin d'un meurtre et cherche à protéger, à n'importe quel prix, l'homme innocent que l'on cherche à incriminer. Tout cela à l'époque victorienne. L'ensemble ressemble en vérité à un mix de plusieurs Jane Austen (précisément Northanger Abbey avec un gros passage Emma) écrit sous perf de guimauve. C'est très très mauvais, mais c'est aussi extrêmement drôle. C'est d'un manichéisme rare (les beaux sont gentils et les moches sont méchants, les beaux sont très beaux, les méchants sont très méchants), les hommes sont forts et courageux et l'amour triomphe de tout. Tout le monde se marie à la fin, tout le monde rencontre le grand amour (on tombe amoureux difficilement car le grand amour ne se croise pas à tous les coins de rue mais quand on le trouve, tout est parfait). Mon moment préféré ? Souvent Cartland s'amuse à retranscrire en discours direct les pensées de l'héroïne, avec forces envolées lyriques qui feraient moins cruchette en discours indirect. Bien évidemment c'est mal écrit et chaque fois j'avais l'impression d'entendre une voix off dans ma tête qui se lâchait. Je le répète, j'ai beaucoup gloussé. Les situations sont absolument rocambolesques et le héros torturé souffre beaucoup (un truc de mec romantique visiblement) mais ses problèmes se règlent en une douzaine de pages, c'est magique. L'héroïne, malgré ses très nombreuses qualités (un corps de rêve, l'intelligence, la témérité et les talents de limier d'Hercule Poirot), est assez attachante, et, étonnamment, il est facile de se projeter dans certaines de ses rêveries romanesques. Les nombreuses descriptions de tenues et d'effets cinématographiques sont également hilarantes, on sent que Cartland est là pour faire rêver la ménagère. Manque étonnamment un peu des scènes érotiques, car certaines scènes semblent y mener, mais l'auteure respecte l'intimité de ses personnages (et a, parait-il, la pornographie en horreur). C'est un peu dommage car après tous ces baisers passionnés, on finit par ressentir une certaine frustration. Donc en conclusion oui c'est très très mauvais, mais oui j'ai passé un excellent moment. Pas au point d'en relire, car on a tout de même l'impression de perdre quelques points d'intellect. En revanche je recommande d'en lire un pour le fun de l'expérience.