Dans ce roman, on suit l'histoire de deux couples : Elif et Hasan, elle est étudiante et révolutionnaire, lui est musicien et nomade, et puis il y a Salih l'apprenti menuisier et Sema, qui rêve de reprendre ces études. Ces jeunes gens sont aussi liés par l'amitié. Ils ont une devise commune "Il nous reste un demi-espoir".


Mais assez vite, on se rend compte que ce n'est pas leur vie que l'on suit uniquement mais la vie de ce quartier d'Istanbul, Yedikule, au fil du temps. En effet ce roman commence en 1980 au moment du coup d'état en Turquie jusqu'à 2001. Ce quartier pourtant plongée dans la répression et la privation de liberté a réussi a garder son âme et sa solidarité entre toutes les communautés (kurdes, arméniens et turcs).


Côté personnage, j'ai fait le lien entre le personnage d'Elif et Pinar Selek. Cette jeune fille révolutionnaire qui rejoint les réseaux clandestins de révolution par idéal et qui petit à petit est désenchanté par ce monde. Elle y découvre un monde de solitude bien loin de ce qu'elle pensait. Mais outre les quatre personnages que je vous ai évoqué, il y en a une dizaine d'autre tous aussi important les uns que les autres parce qu'ils nous permettent de bien nous imprégner de l'atmosphère du quartier. J'ai bien aimé aussi le fait que les femmes aient leur destin en main.


C'est donc un livre assez passionnant que nous livre l'auteur où elle nous livre son rêve de fraternité.


Un mot sur l'auteur : Pinar Selek est une sociologue turque mais aussi une militante féministe et antimilitariste. Son métier et ses combats l'amènent à côtoyer les minorités exclues de la société turque (transsexuels, kurdes, travestis). Son travail attire l'attention de la police turque et les premiers interrogatoires arrivent. Le 9 Juillet 1998, une explosion se produit au marché aux épices d'Istanbul. Elle est accusée d'être à l'origine de cette explosion et donc d'être responsable d'un attentat. Pourtant de nombreux experts attribuent cette explosion à une fuite de gaz. Un acharnement judiciaire se met pourtant en place. Pinar est interrogée et torturée. Les condamnations et les relaxes s'enchaînent. Elle vit aujourd'hui exilée en France à Strasbourg. Elle a été condamnée le 24 Janvier 2013 à la prison à perpétuité et un mandat d'arrêt international a été émis. Ce jugement a ordonné l'annulation du précédent jugement pour illégalités. Un nouveau procès donc lieu auprès d'une nouvelle cour d'Assise turque. Pour plus d'informations, c'est ici.

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le 4 avr. 2016

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