Lorsque Fabien Delorme apprend que sa femme, Sylvie, est morte dans un accident de voiture près de Dijon, il découvre par la même occasion qu’elle avait un amant. Passé le moment de stupeur, une étrange réaction lui vient : puisque sa femme l’a trompé, il va lui aussi prendre une maîtresse. Mais pas n’importe qui. Ce sera Martine, la propre veuve de l’amant ! Mais il va très vite s’avérer que c’était sans doute la pire idée qu’il pouvait avoir.
Dans ce roman, pas de héros. Au contraire, on est face à un homme plutôt banal, qui vit une existence morne auprès d’une femme dont il n’est plus amoureux et qui n’attire pas tellement l’empathie du lecteur, même une fois devenu à la fois veuf et cocu.
L’intérêt de l’ouvrage réside finalement moins dans cette abracadabrantesque entreprise de séduction auprès de la veuve que dans la série de portraits dont Pascal Garnier nous régale. Un père, celui de Fabien, taiseux. Une amie (Madeleine), celle de Martine, manipulatrice. Une femme, Martine, qui implose. Un ami (Gilles), celui de Fabien, adolescent attardé. Ainsi que dans les situations loufoques qui naissent de cet improbable vengeance fomentée par Fabien, bientôt pris à son propre piège. Et de cet imbroglio entre ces personnages et leurs choix et décisions pour le moins malheureux
On appréciera aussi le souci du détail et de la description de Pascal Garnier et la minutie avec laquelle il nous entraîne dans les décors de son roman : la maison du père de Fabien où règne la tristesse ou la maison de Madeleine en Bourgogne, qui sous ses abords accueillants et chaleureux se transformera au fil de l’histoire.
On pensera parfois, au fil des péripéties, au Misery de Stephen King ou aux dérapages de certains personnages des films de Quentin Tarantino. Une lecture grinçante et délectable.