Nouvel ouvrage du prix Goncourt 1987, Tahar ben Jelloul, cette année, sur un épisode jusqu'à présent resté dans l’indifférence de l'Histoire du Maroc, à savoir l'envoi en caserne , soit-disant pour service militaire obligatoire, de 94 jeunes manifestant pacifistes, sous le règne d'Hassan II, en 1965, mais qui sera, en réalité, une mise en véritable « camp » où ces jeunes intellectuels subiront toutes les violences, jusqu'à la mort pour certains, infligées par des soldats choisis du fait de leur ignorance, leur brutalité et leur haine de l'intellectuel.
Cependant ce n'est pas une « docu-fiction » que Tahar Ben Jelloul ne nous livre là, mais ni plus ni moins qu'une partie extrêmement douloureuse de son propre vécu, lui qui était l'un de ces 94 condamnés par le régime totalitaire de l'époque, alors qu'il n'était âgé que de 18 ans et pour dont qu'il n'a réussi à trouver la force de les faire connaître seulement 52 ans plus tard...mais écrit, exclusivement au présent.
Christian Estevez