Saint-Antoine de Padoué

Avis sur Le Coma des mortels

Avatar Benjamin
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Maxime Chattam le précise un peu partout. En 4ème de couverture, en intro, sur les réseaux sociaux, dans les médias : NON, ce n'est pas un de ces thrillers glauques dont il a le secret. Ne vous attendez pas à des viscères toutes les deux pages, à un maniaque en liberté entraperçu au fil des pages dont l'identité révélée dans un twist final des plus travaillés vous surprendra. Ici, changement de registre, changement de style, et on tente de passer à autre chose.

Dans la veine de ce que l'auteur a amorcé doucement avec "Que Ta Volonté Soit Faite", ici le lecteur sera amené à se poser des questions sur lui, sa nature profonde, sans se voir donner toutes les clefs du récit.

On suit l'histoire de Pierre, dépressif trentenaire qui a plaqué sa vie d'avant et tout ce qu'elle contenait pour se reconstruire et devenir quelqu'un d'autre. Seul vestige de son passé : son psy, présence fantomatique, sorte de Tyler Durden du divan. Sauf que voilà : les gens autour de Pierre meurent les uns après les autres. Quand notre (anti-)héros semble retrouver un semblant de stabilité, un drame survient. Pourquoi ? Je vous laisse le découvrir en lisant le livre.

Alors certes, l'auteur nous a prévenu et continue de le faire encore aujourd'hui : ce n'est pas un thriller. Ceux qui ont fait fi de cet avertissement seront donc déçus, car malgré la présence omniprésente de la mort et de quelques bouts de barbaques, point d'intrigue savamment ficelée au rebondissement final. L'enquête, c'est au second plan. Au troisième plan. Anecdotique. Non, ici ce qui compte, c'est le parcours du personnage, son ressenti, ses émotions, le grand huit émotionnel qu'il traverse, les rencontres hétéroclites qu'il peut faire.

Sauf que voilà : même prévenus, le résultat n'est pas fameux. D'une part parce qu'il est difficile pour un lecteur assidu de Chattam de se dire qu'il n'a pas caché une ruse quelque part, et ce, jusqu'au point final de l'oeuvre. Quand point le premier cadavre, on s'attend à ce que l'oeuvre prenne une tournure policière, en se disant qu'il nous a joué un bien bon tour avec la comm' autour du livre. Mais non, point de tout ça. Mais c'est pas grave, on le savait. Alors on prend l'oeuvre pour ce qu'elle est, un parcours initiatique, une renaissance humaine, l'ascension, la chute, la renaissance... Mais la mayonnaise ne prend pas. On retrouve le style fluide de l'auteur qui fait que les pages s'enchaînent, mais qu'est-ce qu'on peut s'ennuyer parfois ! Des descriptions sentimentalo-guimauvesques à n'en plus finir, des scènes surréalistes dignes de l'enfant bâtard d'Amélie Poulain et de l'Arnacoeur, des personnages originaux mais au final tellement clichés...

Alors après ne nous méprenons pas, le livre est loin d'être un navet et se lit plutôt facilement. Mais bon, on est en attente que l'intrigue décolle jusqu'à ce qu'apparaisse le point final et où on se rend compte qu'on a déjà atterrit, et ça, sans turbulences. Dommage. Attendons la suite.

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