Le diable assommant

Avis sur Le Diable amoureux

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Le diable amoureux de Jacques Cazotte est l’ouvrage qui a lancé le fantastique français ; c’est précisément pour cette raison que je m’y suis intéressée. Pour faire court, l’histoire raconte comment Don Alvare parvient à soumettre le Diable pour impressionner ses amis. Ce moment passé, le Malin prenant l’apparence d’une femme le suit dans tous ses déplacements et lui fait rapidement oublier sa véritable nature. Cherchant à l’entrainer dans la perdition par ses séductions et sa perversité, Don Alvare se montre bien plus résistant qu’il n’y parait.

Au vu de la note attribuée, je pense que tout le monde aura compris que je n’ai vraiment pas accroché à ce livre. Le fait est qu’il s’agit d’une nouvelle et qu’en principe ce format suggère une certaine rapidité dans l’action et le dénouement ; or j’ai trouvé tout cela bien long et cruellement ennuyeux. Habituellement, je ne suis pas du genre à me plaindre d’une éventuelle longueur dans la narration (je dirais même que c’est plutôt l’inverse) mais là… Je suis forcée d’admettre que j’ai soupiré plus d’une fois à la lecture en désespérant d’en voir le bout. Le début semblait pourtant prometteur (la convocation du Diable et le diner avec ses amis étaient plutôt réjouissants) mais le soufflet retombe bien vite par une succession de scènes relativement froide et sans saveur du quotidien de Don Alvare. Le but est sans doute de nous faire également oublier la véritable identité de Biondetta, mais le malheur est que ça ne prend pas et que cette lenteur excessive ôte totalement le suspens. On finit presque par se demander quel est l’enjeu de l’histoire. D’ailleurs, le dénouement laisse complètement de marbre.

L’ensemble manque de piquant et ça en devient purement assommant, ce qui est tout de même inquiétant pour une nouvelle. Le choix de l’écriture à la première personne rend la chose encore plus lourde avec des états d’âme dont on se moque éperdument au final vu le peu d’attachement qu’on peut éprouver pour le personnage principal (et c’est un euphémisme). Quant au style, hormis quelques tournures ici et là, il ne présente rien d’extraordinaire. En conclusion, il s’agit d’une nouvelle rendue longue par sa fadeur et son absence de rythme dont on peut se passer volontiers.

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