Est-ce possible qu'il n'y ait rien à défendre chez un individu? Autrement dit, doit-on considérer un criminel uniquement comme un criminel ou peut-on lui déceler une autre identité, une part d'humanité?
Pour François Bizot, il faut considérer Douch, ce tortionnaire Khmer Rouge, dans toute sa complexité, chercher derrière ses comportements criminels non pas des excuses mais des explications anthropologiques.
Ce qui torture François Bizot, c'est de constater les nombreuses ressemblances entre Douch, uncriminel de guerre, et lui, capable de culpabiliser pour la mise à mort de son chat des décennies plus tôt.
Douch est un révélateur pour François Bizot: il lui montre que le criminel et l'innocent ont la même nature humaine, la même propension au mal.
Ce qui différencie Douch et Bizot, c'est surtout les circonstances entourant leurs vies. Bizot aurait-il également été l'artisan du mal rouge s'il était né dans une pauvre famille cambodgienne, si ses seuls maîtres à penser avaient été des des communistes lui promettant une nouvelle société prospère et égalitaire ?
Pendant le procès de Douch, François Bizot apporte un autre éclairage sur le personnage de Douch afin qu'il ne soit pas jugé comme un être totalement à part, totalement différent du commun des mortels. C'est à cette condition que le procès des Khmers Rouges apportera permettra à l'humanité de progresser dans la connaissance de l'homme et le combat face au mal.
Car pour combattre le mal, encore faut-il l'identifier. Or il se trouve en chaque homme, et c'est le message de François Bizot, que peu de gens veulent entendre.