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Le Travail du Furet par Nanash

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Je crois qu’il faut être plus âgé que moi pour apprécier ce roman, ma critique est donc à prendre comme le sentiment de quelqu’un de complètement étranger à cette période de la SF.

L’idée de départ toute simple est bien pensée, dans un futur où l’on peut guérir de tout, comment gère-t-on l’augmentation de la population ? De la façon la plus directe et simple au monde, certains sont tirés au sort pour être éliminés. Ce « service public » est exécuté par le groupe des furets spécialement sélectionnés pour ne pas montrer d’empathie et le moins de plaisir possible à l’accomplissement de cette tâche. Viennent gripper la belle mécanique deux éléments perturbateurs évidents, un furet qui a un cœur et une méthode de sélection qui laisse à penser que le hasard a bien peu à faire avec les noms tirés au sort.

Le terrain d’opération est une France où les inégalités sont devenues la norme, certains sont riches et vivent dans des enclaves sécurisées et dépolluées d’autres dans des bidonvilles violents où il est impossible de respirer sans filtre, un décor qui n’a rien de très original mais qui tiens debout sans faille.

Mon vrai problème face au roman est qu’il transpire d’une vision d’un autre temps sur bien des points et qui heurte ma personnalité de 2015. Il n’existe pas une description de femme dans ce roman qui ne la catégorise dans une case de désir sexuel du héros, faisons plus simple, les connaissances ou victimes ou simples passantes sont baisable ou pas et on se coltine à chaque fois une description qui ressemble à un catalogue par correspondance de fille de l’Est (du moins l’image que je m’en fais). L’auteur a aussi un autre problème avec le corps, sans distinction de sexe cette fois. Il aime décrire ce qu’il renferme (cela se vérifie également avec les nouvelles qui suivent le roman). L’immense majorité des victimes se retrouve ouverte au couteau avec une description détaillée des mains qui enserrent l’intestin tentant de s’échapper. Une fois d’accord, deux fois pourquoi pas, mais à chaque fois on se farci une description gore des agonies avec force gémissements et détails anatomiques. Premier coup d’œil et très probablement dernier au travail d’Andrevon qui me semble quelqu’un qui a du mal à lâcher une époque qui l’a porté (impression renforcée par son interview où il ressasse ses souvenirs de vieux combattant).

Rien à reprocher à l’intrique mais un style beaucoup trop daté qui en devient gênant, un roman qui apprécierait une réécriture moderne. 5/10

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