On a souvent présenté Heinz G. Konsalik comme le littérateur de gare de l'après-guerre, le faiseur-de-bouquins des quais SNCF, l'écrivain à trois clopinettes qui occupe dix minutes devant le train... et ce n'était pas tout à fait faux. L'un des auteurs les plus vendeurs dans l'Allemagne d'après 1945, Konsalik a connu une carrière commerciale florissante, à coups de pages un peu simples, de mauvais bouquins qui rapportent.
Mais, parmi son œuvre nombreuse et variée, l'écrivain allemand a laissé quelques bijoux de la littérature, pour la plupart ignorés ou oubliés. « Le médecin de la vallée » est de ceux-là.

Dans une brousse carbonisée du Mexique, qui flaire les relents de peyotl (les cactus à mescaline) et les évocations d'une Réserve de Sauvages à la Huxley, dans Le Meilleur des Mondes, un médecin et un chirurgien luttent pour sauver les quelque neuf cents épaves humaines noyées dans les drogues, sous le regard mauvais de l'industriel du coin. Et lorsque vient la sécheresse, le richissime exploitant – qui seul détient les puits d'eau – exige toujours plus en échange d'un carafon de liquide crasseux : les vierges du village, la tête du chirurgien et du médecin... Une chronique de la folie des Hommes agonisant depuis deux mois sous le Soleil du Mexique ; un remarquable portrait de ceux qui délirent dans l'étuve du désert.
Séduisante par son intrigue, l'œuvre de Konsalik est saisissante par ses descriptions – corps desséchés du désert, infections des Indiens carbonisés, luxe et luxure du domaine du Patron, toute sa prose exhale le sable, la crasse, et la fureur. Prêtre passionné et voitures de luxe, gosiers desséchés et arrosage automatique de l'autre côté du Mur, désespoir et démesure... Baroque, poignant, fantastique.
Le Konsalik des grands jours.

Un récit qui donne soif.
Wakapou
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le 17 janv. 2011

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