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Ouvre-boîte
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le 30 juin 2021
Ce roman étant signé Camille Goudeau, on pourrait craindre qu’il soit insipide (goût d’eau), heureusement non. Par contre, la présentation (édition de poche) laisse perplexe, avec une quatrième de couverture assez contradictoire, entre une présentation honnête et une citation de François Busnel dans La Grande Librairie « Un premier roman absolument formidable, poignant et très drôle. »
En fait, malgré certaines qualités, je ne l’ai pas trouvé spécialement drôle. D’inspiration visiblement autobiographique, il met la narratrice, Soizic (22 ans, physique élancé, une fierté qu’elle peut mettre entre parenthèses selon les circonstances), au centre d’une intrigue qui mêle pérégrinations de la jeune femme qui se cherche à une recherche identitaire puisqu’elle n’a quasiment jamais connu sa mère.
Partie de Touraine où elle n’en peut plus de ses grands-parents alcooliques (surtout de sa grand-mère revêche), Soizic débarque à Paris sur un coup de tête, avec très peu de moyens et sachant que sa mère y vit. Mais elle compte sur ses propres moyens. Après une tentative avortée dans un autre secteur d’activité, elle vient à la rencontre de son cousin, bouquiniste sur les quais. Elle n’a pas trop de mal à le convaincre de l’embaucher comme ouvre-boîte (employée plus ou moins bouche-trous) avant d’y travailler à plein temps.
Dire qu’elle s’y épanouit serait exagéré. Mais au moins, elle travaille dans un domaine qui lui plait et lui procure l’indépendance qu’elle recherche. Le plus intéressant vient de sa description de cette activité fascinante pour tout amateur de livres et de littérature, mais qui profite essentiellement de la clientèle des touristes venus de tous horizons. On y découvre une certaine ambiance, des conditions difficiles et des pratiques (entre solidarité et jalousies), ainsi que les astuces utilisées par les uns et les autres.
La vie que mène Soizic s’avère peu reluisante, puisqu’elle passe son temps à survivre comme elle peut, entre une activité guère rémunératrice et un logement assez sordide. Quant aux personnes qu’elle croise, l’horizon s’avère plutôt limité. Les voisins des quais, son cousin peu présent, quelques personnes là où elle loge pour des relations superficielles. Reste sa mère dont elle ne sait pas grand-chose sinon l’endroit où elle travaille, mais aucune justification quant à son absence. Du coup, l’une comme l’autre ont appris à vivre de façon indépendante, ce qui ne facilite pas un éventuel rapprochement…
Camille Goudeau travaille comme bouquiniste sur les quais parisiens, cela se sent. Ce roman (son premier) se lit bien, grâce à de nombreux chapitres généralement courts, pas mal de dialogues et un style assez libre (certaines phrases sans verbe et une ponctuation surprenante, avec notamment la disposition des virgules). Pourtant, ce roman décrit une ambiance globalement désenchantée, assez cafardeuse par moments, car Soizic connaît bien la solitude. A noter l’usage étonnant des prénoms, puisque le cousin de Soizic s’appelle Bokné et qu’elle fréquente un certain Zonebu. De plus, Camille Goudeau attribue son propre prénom à la mère de Soizic.
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Créée
le 18 janv. 2026
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