Suédois, glauque et surestimé

Avis sur Les Hommes qui n'aimaient pas les femmes -...

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D'un point de vue strictement policier, Les hommes qui n'aimaient pas les femmes est un roman qui se lit bien. Rien de très original, contrairement à ce qui s'est beaucoup dit à l'époque de sa sortie : il s'agit là d'une intrigue policière typiquement suédoise, et qui dit roman policier suédois dit glauque. C'est ainsi depuis des dizaines années et il en est de même, à présent, dans toutes les séries télévisées policières scandinaves, pour une raison qui m'échappe quelque peu. Passons et admettons que le sordide soit un passage obligé. Ici, l'auteur en rajoute même un peu, histoire de faire de la surenchère par rapport aux modèles du genre. Ça n'a pas grand intérêt, mais ça n'est pas bien grave. Et puis on a vu pire, le roman policier contemporain, d'une façon générale, est assez porté sur la violence et le glauque.

La petite touche personnelle de l'auteur, c'est de laisser l'intrigue s'installer très très lentement, ce qui réussit assez bien au roman. Pour ce qui est de la levée du mystère, là encore, pas vraiment d'originalité : il y a suffisamment d'indices pour qu'on puisse deviner plus ou moins ce qui se cache sous la série de meurtres et de viols à laquelle est confrontée le héros. Mais sans que ce soit trop flagrant non plus (on n'est pas dans du Mary Higgins Clark où l'identité du coupable se devine à la dixième page). de manière générale, on accroche bien à l'intrigue et le roman se lit avec un intérêt certain : on est plutôt bien tenu en haleine.

Là où ça se gâte, c'est la fin. Ce complet délire sur les talents exceptionnels de hacker de l'héroïne (c'est à peu près la meilleure au monde, quelle chance), qui possède de plus une mémoire eidétique (le truc quand même hyper rare) qui lui permet de parler norvégien avec l'accent finnois... Bon, c'est carrément n'importe quoi (et, surtout, ça n'est pas bien documenté). Ajoutez à cela que le héros, qui pratique bizarrement le même métier que l'auteur, séduit toutes les femmes, de la post-adolescente anorexique à la femme mûre maintes fois violée dans sa jeunesse. Il n'est pas difficile, il couche avec absolument toutes, et elles en redemandent. Ça sent un peu trop l'autoportrait outrageusement flatteur. Bref, il s'agit là de deux défauts qui, à mes yeux, annulent quasiment les qualités du roman.

De plus, la traduction française est atroce. Mais la suite sera bien pire...

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