Premier SP lu de la rentrée littéraire.
Mhh lu... disons jusqu'à la page 104, puis parcouru jusqu'à la fin à la recherche du twist brillant, du virage à 180 degrés, de quelque chose qui justifie que ce premier roman mexicain soit en cours de traduction dans le monde entier (si l'on en croit l'éditeur).
Ramon, avocat, a une femme, deux ados et se découvre un cancer de la langue. Sa domestique lui offre un perroquet mal élevé pendant qu'une psychanalyste sans ombre ni saveur tente de donner le goût à la vie à un ex-leucémique névrosé de 21 ans. Le pitch promettait une belle inspection du cancer dans nos vies modernes, nos familles, nos professions, un sujet qui finalement n'a pas encore trouvé sa grande fresque chorale de génie où plusieurs victimes ou proches se confrontent à cette fin douloureuse promise (ou alors je ne suis pas au courant).
Question style, c'est assez confondant, même s'il est vrai que ne lisant pas de feel-good, je ne suis pas très entraînée pour ce plat sidéral : il n'y en a pas. Même pas une petite envolée, planquée au chapitre pivot, rien. Je ne vois même pas quoi vous citer tant les chapitres ressemblent à une succession de résumés de replay, où il ne faut pas trop en dire pour ne rien révéler.
Qu'a bien pu vouloir faire ce gentil jeune homme, Jorge Comensal ? Nous divertir ? ç'aurait pu être couillu, sur un tel sujet. Mais alors ce n'est pas assez drôle - cela ne l'est pas, en fait, sautillant, écrémé, certes, mais pas drôle. Perspicace ? Les personnages n'étant pas trempés, je ne vois pas de quels êtres - et à quels humains il parle exactement.
Mordant, insolent ? Pas le moins du monde.
Alors quoi, au moins, un peu de social dans les clous, une larmichette d'émotion ? Bah, non, même pas calibré pour une adaptation Netflix.
Si vous le lisez, je vous laisse m'expliquer en quoi il faudrait le retenir. Pour décorer une table Maisons du monde ?