Très loin d'être le coup de cœur espéré, "Je te vois partout" s'est révélée pour moi une lecture fastidieuse et interminable. Débutée en septembre, je l'achève en tirant la langue trois mois plus tard, impatiente de tourner ses dernières pages, non pas en raison d'une montée en tension insoutenable mais au contraire par l'envie d'en finir, enfin.
Le roman commençait pourtant très bien et sur les cinquante premières pages, franchement, pas grand chose à redire, et puis... je ne sais pas ce qui s'est passé, un énorme ventre mou jusqu'au dernier tiers du roman où mon intérêt s'est enfin éveillé par miracle. Autant être franche, ma première rencontre avec Julia Glass a été plus d'une fois à deux doigts de se solder par un abandon. Je me suis ennuyée ferme pendant cette vaste traversée du désert émaillée d'une multitude de détails inutiles qui ne rendent pas la narration plus émouvante, ni les personnages plus attachants.
Le récit se partage entre plusieurs Etats américains, certains très urbains, d'autres très sauvages et dépeuplés. Louisa et Clem sont deux sœurs aux caractères et aux parcours diamétralement différents et que l'autrice essaient de lier à toutes forces par les liens du sang, du sentiment, de la complicité et... de l'affection ? Ce dernier point est discutable. Pendant près de trente ans, leurs vies vont tourner l'une autour de l'autre comme la double hélice d'une chaîne d'ADN destinée à ne jamais se croiser tout en restant lié par un même mouvement.
"Je te vois partout" m'a rappelé à bien des égards "Mon désir le plus ardent" de Pete Fromm qui fut, il y a quelques années, une autre douche écossaise bien glacée. J'y ai retrouvé en filigrane des thématiques, paysages et enjeux similaires ; est-ce ce parallèle qui a accentué ma déception ? Peut-être. Peu importe.
Pour ne pas finir sur une note complètement négative, j'ai appris des trucs sur l'environnement et la préservation des espèces sauvages, c'est toujours ça de pris. Ca ne contrebalance pas le côté déprimant de ce drame familial (oui, il faut plutôt avoir le moral pour s'y aventurer, sans garantir de le conserver) mais ça l'atténue un peu. Next.