Le cadre s'est dérobé sous son pied !

Le début est plaisant, le style très sobre de l'auteur va droit aux personnages, pose vite et bien le cadre, comme d'habitude avec Antoine Bello.
Cependant, je n'ai apprécié "Matéo" autant que ses autres romans. Tout d'abord le héros n'est plus un idéaliste, mais un perfectionniste, moins attachant et moins réussi.
Le mélange des genres d'écriture, une spécialité de l'auteur, est beaucoup moins présente qu'auparavant, cela retire beaucoup de l'inventivité à laquelle l'auteur nous avait habitué.

Surtout, certains points relatifs au thème central du récit, le football, sont au mieux incongrus, au pire incorrects :
- l'environnement sportif (sport universitaire de haut niveau) semble tout droit décalqué des Etats Unis, où le sport universitaires a une grande popularité, parfois plus grandes que les ligues professionnelles. Il a peu de sens en France, surtout dans une petite ville.
- par la même, les joueurs évoqués sont tous bacheliers, lancés dans de souvent ardues et brillantes universitaires. Quand on connaît le niveau moyen d'un footballeur professionnel on est loin du compte (le fait qu'un international français annonce, à 27 ans, réviser pour son bac de dans 4 ans a fait l'objet de nombreux articles dans la presse)
- il est très curieux qu'à l'heure de YouTube et de la mémoire permanente des réseaux, le héros si irréprochable dans son domaine ne connaisse pas l'Ajax des années 70, ni les révolutions tactiques qui en découlèrent
- l'auteur confond "Xavi" et "Xabi Alonso", une pure hérésie pour tout suiveur même distrait du football espagnol.

La dureté du personnage principal, la répétition des séquences laissent peu de place aux autres personnages et évènements. Les descriptions et dialogues plus intimes sont même assez maladroits, bien moins naturels qu'à l'habitude.
Reste le personnage de Fischer, l'entraineur contrarié et contrariant. Une trame classique de la fiction sportive, mais aux dialogues très réussis et qui évolue de façon véritablement intéressante.
jp_ontour
6
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le 8 juil. 2013

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