« L'esprit de la révolution ne meurt jamais. Il erre. Tel un spectre,
cet esprit hante l'Europe, le monde entier. Il observe l'humanité dans
la nuit, sans repos, sans jamais fermer les yeux. »



C'est l'histoire d'un monde figé sur minuit-pile.
C'est l'histoire d'un monde de replis sur soi, où tout se passe dans la nuit.
C'est l'histoire d'un monde cloisonné, prisonnier de ses frontières.
C'est l'histoire de Lui, qui traverse les frontières, celles des pays, des cités-états de ce monde, mais aussi les frontières du passé au présent, par les livres.
C'est l'histoire de Elle, qui arrive comme le soleil.
C'est une histoire de Lengé, de Camille, Luna, Naïm et Na-â-im et de Miléna, aussi ; une histoire de rencontres.
Et c'est l'histoire de l'épicier, monsieur Mével. Ne l'oublions pas, après tout, c'est lui le héros.


Plus que tous ces personnages, c'est une histoire de livres qui nourrissent.
« Je suis le fruit de ceux qui m'ont nourrie »
Cette phrase décrit parfaitement Lui Beadles et son parcours : il est le fruit de ses rencontres, avec des lieux, des hommes, des femmes et des livres.


Pourquoi j'ai aimé ce roman ?


Parce qu'il y est question d'éducation, de culture, de résilience, de responsabilités, de révolution(s) - dans tous les sens que l'on peut donner au mot. Parce qu'il place l'individu dans le collectif.
Et pas que.


Il tombe à un drôle de moment, ce bouquin.
Tout juste là, en plein milieu d'un état d'urgence sanitaire et d'un état d'urgence tout court. Tout juste là, en plein milieu de nos replis, qu'ils soient identitaires, culturels, politiques, sociaux, communautaires.
Tout juste là, dans une période où l'on serait tentés de voir et laisser la nuit tomber, et de faire avec ; où serait tentés de mettre des œillères et de passer son chemin.
Oui, il est sorti à un moment particulièrement étrange, et cela lui donne encore plus de sens.


Une lecture qui fait du bien.
Beaucoup.


Et je retrouve là les première briques posées par le Panseur. Donner une voix à des histoires qui soignent l'humain, le lecteur comme l'écrivain. Des histoires qui transforment, comme autant de graines semées au vent, qui pousseront en chacun, doucement mais sûrement.


Un immense coup de cœur, donc.
Et à parler de l'histoire, j'en ai oublié de te raconter les dessins de enness edwood (sans majuscule, il parait !) qui offrent une autre dimension au texte, un peu plus de force, et tout en sensibilité.
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le 24 déc. 2020

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