Le personnage que l'on suit tout au long du récit n'est pas ordinaire : c'est Bombay. Thayil situe l'action dans les années 1970 dans le quartier de Shuklaji Street, enchevêtrement de maisons de passe et de fumeries d'opium ; de Rashid, gérant d'une fumerie, à Fossette, transsexuelle opiomane (probablement le personnage principal du roman), chacun se livre à des confidences dans les fumées, jusqu'à ce que le lecteur soit à même de reconstituer les parcours des plus démunis des démunis, les ombres errant dans l'espace de non-retour qu'est Shuklaji Street. Témoignage désagréable qui semble parfois flirter avec l'autofiction, Narcopolis est presque un bon livre ! ça me semble malgré tout assez décousu (ok, les narrateurs sont des opiomanes, mais bon). Enfin il y a de bonnes choses quand même, à voir comment il les assemblera dans son prochain (c'est un premier roman)...