Je ne sais plus pourquoi j'ai choisi ce livre ( Le résumé de la 4° de couverture, sans doute ), mais j'en ressors ( pas encore vraiment, d'ailleurs ) complètement déconcerté. Parfois je me suis demandé dans quoi l'auteur - un étonnant voyageur de 92 ans- cherchait à m'embarquer, car j'ai très vite éprouvé un certain malaise, voire une difficulté certaine, à comprendre ce qui anime le "héros" dans sa tentative de se faire passer pour quelqu'un d'autre.


Car ce voyage immobile est en fait une quête identitaire ( pourquoi nait-on ici et pas ailleurs, à cette époque de l'histoire et pas à une autre ? ) et il me semble qu'il en donne une bonne définition dans ce passage :
"…c’était moi, le vrai baroudeur, le vrai « voyageur toqué », comme disait Mallarmé à propos d’Arthur Rimbaud, peut-être pas un étonnant voyageur mais un « voyageur étonné », car j’arrivais toujours dans des endroits inattendus qui n’étaient pas dans les mappemondes et peut-être même pas dans une géographie. J’avais trouvé ça, « le voyageur étonné », par hasard, au bout d’une phrase, mais c’est une formule que j’avais tout de suite adoptée, car elle est pratique et elle m’avait tiré quelques épines du pied.... un vrai voyageur ne peut pas revenir chez lui car il ne sait plus quel chemin il doit emprunter et, d’ailleurs, il n’y a pas de chemin. "


Et cela donne un texte souvent déroutant, ponctué de savoureuses descriptions, comme lors de la découverte quasi charnelle de la ville de Belem, des parallèles osés entre son berceau natal et ce coin d'Amazonie, ou des remarques parfois inattendues sur la forêt ( "Quand on la survole en avion, elle ressemble à une grande plantation de choux et d’autres fois à un tapis râpé ou bien à une collection de rivières brillantes qui se sont embrouillées dans leurs méandres et qui ne savent plus dans quelle direction elles doivent couler, des rivières souffrant de procrastination, comme disent les philosophes, et je suis un peu comme ces rivières."), ou bien encore sur la couleur du vent ( "Sur la droite, et assez loin il y avait une bâtisse. Dès que je l'avais aperçue, je m'étais dit qu'elle s'était perdue. Elle avait sûrement appartenu à une ville, il y a longtemps ou très longtemps, mais elle ne savait plus où elle avait mis sa ville. Elle avait même oublié sa rue. Elle était jaune et ocre. La couleur du vent. Enfin, la couleur de ce vent-là, car je connais des contrées où le vent est du cristal.")


Et puis, bien entendu, une fin en forme de pied de nez .

Pier-Yvan
7
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le 20 déc. 2015

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Pier-Yvan

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