Christophe est un écrivain "blanc, bourgeois, protégé et satisfait de lui". Marié depuis une quinzaine d'années, deux enfants, son ménage se banalise et les crises se multiplient. Pourtant, par soucis de confort ou par lâcheté, il n'a jamais trompé sa femme et n'est pas décidé à le faire. Il est heureux, en ces premiers jours de septembre 2001, de quitter, seul, son domicile, à Grenoble, pour un voyage qui doit le conduire à Paris pour faire un essai pour une émission de télévision... où il rencontrera une jeune et jolie assistante, puis à Montréal où il doit assister à un spectacle issu d'un de ces livres.
La suffisance, la fatuité et l'égoïsme de Christophe est, de prime abord, extrêmement désagréable. Ses états d'âme, dont on n'a que faire, peuvent engendrer l'ennui. Mais, petit à petit, on découvre un homme avec ses faiblesses et ses lâchetés, ni meilleur ni pire que la plupart de ses contemporains, qui essaye de se persuader qu'il est le plus beau, le plus fort et le plus intelligent. On a parfois le sentiment de reconnaître certains écrivains connus. La peinture du petit monde de la télévision, que l'auteur démythifie, n'est pas dénuée d'intérêt. De même, l'admiration sans bornes du héros pour les Etats Unis, à ce point idéalisée, peut donner à réfléchir. Seule, l'évocation des événements du 11 septembre vient troubler ce chant lyrique américain.