L'auteur anonyme ayant signé la tétralogie mettant en scène le Bourbon Kid revient avec un nouveau roman qui ne brille clairement pas par son originalité. Les lecteurs du Livre sans Nom - et de ses suites - seront d'emblée en territoire connu puisque Anonyme conserve la recette qui lui apporté le succès; un style fluide et direct, de l’ultra-violence décomplexée, des personnages typés badass de l'extrême et des références populaires tellement nombreuses et appuyées qu'elles suintent de tous les cotés, parfois même jusqu'à l'écoeurement.


Terminator, Dirty Dancing, Twin Peaks, Massacre à la Tronçonneuse, Halloween, Mad Max, les références s'enchaînent, se mélangent et se mettent continuellement en scène pour plonger le lecteur dans un roman qui ne fait que parodier les aventures initiées avec Le Livre sans Nom. En effet, ce style ultra-référencé n'a plus rien de nouveau pour qui connaît déjà la plume de l'auteur. Et si là j'entame ce billet en m'attardant sur une comparaison entre les oeuvres, c'est bien pour indiquer aux profanes que je déconseiller de découvrir le style Anonyme avec Psycho Killer. Par contre, je vous invite à lire Le Livre sans Nom car je pense sincèrement que c'est quelque chose à essayer.


Mais bref, revenons-en à Psycho Killer.


Lorsqu'un mystérieux serial killer surnommé l'Iroquois se met à massacrer sauvagement les habitants de B. Movie Hell, le FBI convoque Jack Munson, un ancien commando sur-entraîné qui est le croisement parfait entre Jack Bauer et John Rambo, pour faire le ménage. Pour agrémenter ce scénario à l'écriture aussi fine que celle d'un Commando ou un Demolition Men, nous aurons donc droit à des expériences et des projets secrets, des flics corrompus et autres mafieux sans foi ni loi. Après tout l'action prend place dans une ville qui s'appelle B. Movie Hell, donc vous vous attendiez à quoi... ?


Pour vous donner mon ressenti sur ce livre, je vais faire une analogie avec Mac Donald's. Je vais rarement au Mac Do' parce que je ne suis pas super fan de sandwichs bien moins bons et copieux que ceux que je peux me préparer (notamment le Don Tetones de la Muerte aux 3 étages et aux 6 fromages) et qu'au fond...bah c'est pas terrible quoi. Après voilà, c'est pas une torture de manger au Mac Do et je ne vais pas cracher sur quelques Big Mac une fois de temps en temps. Ca me fait même parfois plaisir de manger de la junk food bien grasse même si gustativement parlant je n'en garde aucun souvenir.


Eh bien Psycho Killer c'est pour moi comme un repas Mac Do. Une fois de temps en temps, c'est sympa et ça me fait plaisir. C'est vite expédié, sur le moment ça me cale l'estomac et puis quelques heures après j'ai oublié ce que j'ai mangé. Bah là c'est pareil.


Les personnages sont dépourvus de profondeur mais demeurent sympatoches, le scénario est un cliché ambulant, mais une fois qu'on a démarré, on a envie d'aller au bout. Les chapitres sont courts, l'action est débridée et frénétique, les morts s'entassent et l'étau se resserre rapidement autour du noyau dur de quelques personnages dont la vie ne tient souvent qu'à un fil. Ou plutôt ne tient qu'aux caprices de l'auteur qui n'hésite pas à sacrifier ses personnages sur un coup de tête. Finalement on se rend compte qu'on tourne les pages par boulimie curieuse plus que par réelle envie. C'est bel et bien de la junk food littéraire.


Donc à qui puis-je conseiller ce livre ? Uniquement à ceux qui sont un peu nostalgiques du Bourbon Kid. Ils reprendront directement leurs marques. Sinon pour ceux qui ne connaissent pas du tout l’univers d'Anonyme, bien que je vous invite à nouveau à vous intéresser au Livre sans Nom, je peux tout de même vous recommander Psycho Killer si vous cherchez une petite lecture d'agrément le temps d'une journée de voyage, d'une journée de bronzette à la plage, ou tout simplement pour avoir une petite lecture au toilette. Pour évacuer un Mac Do par exemple.

MarlBourreau
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