Michel Drucker en voleur d'un CD de Portishead

L'académie française a sur moi l'effet d'un aimant. Si Marc Lambron n'avait pas fait partie de cette noble maison, je ne me serais jamais laissé aller à poser la main sur un de ses bouquins. Ce journal intime retraçant son année 1997 n'est peut-être pas la meilleure porte d'entrée sur l’œuvre de l'académicien mais il sera désormais pour l'éternité celle que m'aura imposé la fortune.


Les aventures de Lambron sont avant tout mondaines, que ce soit dans sa vie privée ou dans ses activités d'interviewer. Il évolue dans une sphère limitée, celle de l'écrivain fantasmé, toujours prompt à soigner ses prestigieuses relations.


1997 semble être une année charnière pour Lambron, entre la disparition d'un très proche et la compétition du Goncourt, il pourrait donc nous faire accroire qu'il a désigné cette année là au hasard pour en constituer le journal. Est-ce le cas ?


Le style de Lambron n'est pas démentiel mais fait la démonstration d'une maîtrise certaine et va droit au but des éléments d’information qu'il nous délivre.


Après avoir pataugé un bon moment dans les eaux mondaines de ses cercles amicaux et autres coteries d’intérêt, on éprouve un véritable suspense avec la course au prix Goncourt sur la dernière partie du livre. Course qui se terminera par la deuxième place et verra La bataille de Rambaud remporter la victoire. Il est d'ailleurs difficile de ne pas avoir envie de se jeter sur son 1941 après la dernière page de l'ouvrage tournée.


Pour conclure, un livre enchanteur pour tous ceux qui rêvent de devenir écrivain à plein temps, reconnu et célébré, menant la grande vie qui s'y rattache et qui continuent de croupir dans un réel à l'antipode de l'espérance forgée.


Je repense à l'académie française et soudain me vient une idée folle : lire l'intégralité des œuvres et la biographie de tous ceux qui en furent membres, en commençant au premier siégeant du premier fauteuil, puis remonter l'ordre. Projet délirant et pharaonique qui a peu de chance d'aboutir totalement à moins que les quelques milliardaires transhumanistes tiennent leurs promesses et me prolongent au-delà de la limite fixée par la nature.


En commençant par le chancelier Séguier !


                        Samuel d'Halescourt

Créée

le 4 avr. 2021

Critique lue 29 fois

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