Le narrateur de ce roman est absolument insupportable de pédanterie, se croyant plus intelligent que la moyenne... je peux déjà vous dire que l'auteur ne s'appelle pas Ohl, et qu'il n'est pas né en 1959 mais en 1978 ! D'ailleurs les dates de ses écrits le confirment... il avoue même ne pas croire qu'il dispose d'une part de subconscient sensible, comme s'il maîtrisait parfaitement son destin... c'est bien là un caractère d'un ancien camarade qui ne se sent plus péter. Le narrateur et celui-ci sont tellement identiques, obsédés par l'intelligence et la bonne façon de vivre ou plutôt de considérer ses prochains... dégoûtant, au bas mot. Hélas pour lui, l'abus de chichon depuis le plus jeune âge aura eu raison de son caractère, devenu acariâtre, intolérant et expéditif. Un pas vers la schizophrénie, qui ne le rattrapera peut-être pas avant sa mort, du moins je lui souhaite.
Mis à part ça, le roman est chiant pendant une grande partie, notamment à cause de ces jugements à l'emporte-pièce, "alors moi on me la fait pas" ! Tavu comme je suis intelligent ! La fin est plus intéressante, ou du moins le chapitre 9, "Tsimtsoum", où le narrateur se rend compte qu'il n'est qu'une copie de son ancien lui à l'insu de son plein gré, disposant de pouvoirs illimités tel un Dieu, sauf qu'en fait il se retrouve absolument seul, avec pour seule compagnie des fantômes issus de ses souvenirs... la première chose qu'il tente est le suicide, et on le comprend. Hélas il est immortel. "Rira seul qui rira le dernier", comme l'indique le dixième et dernier chapitre, et en effet il rit. Seul. J'aurais été lui, j'aurais prononcé le mot "Tsimtsoum", ou du moins aurais-je tenté de créer un univers cohérent et stable à partir de ma personne... mais non, le roman se termine là, en eau de boudin. Comme mon ancien pote, l'écrivain manque singulièrement d'imagination.