"Roman sans Titre" de Duong Thu Huong. À 18 ans, l'âge de son héros, l'autrice vietnamienne dirigeait une brigade de la jeunesse communiste envoyée au front pendant la guerre. Avocate des réformes démocratique, engagée dans ses écrits, elle a finit par être exclue du parti communiste en 1990, puis emprisonnée sans procès.
C'est la première de ses œuvres à avoir été interdite de publication au Viêtnam. Il raconte la dérive hallucinée d'un combattant pendant la guerre contre les Américains.
L'écrit dénonce le mensonge des élites, la perte de sens, le trauma et la désillusion d'un "enfant perdu", au rythme de ses rencontres avec les vivants et les morts, les amis d'enfance qui se croisent au fil des missions. Ceux qui meurent, le peu qui restent, femmes, vieillards et très jeunes enfants comme gardien de zones de protection au sein de la forêt hostile. Les paysages se superposent comme des fantômes du passé, aux bombardements et à l'aura sanglante et fantastique de la jungle.
" Le festin des bêtes avait alors commencé. Les races d'abord, puis les corbeaux. Ensuite, les fourmis, les insectes et les vers. Enfin, la pluie.Elle avait dissous ce qui restait du cadavre en un engrais liquide. Nourris de cette chair qui avait été la fierté et le chef d'oeuvre de la création, les colocasias avaient vite grandi. Le squelette immaculé me regardait toujours en riant : "alors, je suis intact ? C'est magnifique, non, compagnon ? ""
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