Un dernier au revoir à Hilsenrath, génial auteur que le Tripode nous a permis de redécouvrir dans son intégralité en publiant régulièrement et fidèlement ses livres ces dix dernières années. Le parcours s’est terminé avec les Nouvelles et ces Satires, deux petits livres qui, à côté de Nuit, Le Nazi et le barbier ou Le conte de la dernière pensée, font figure de petites chutes. Composé de courts dialogues, Satires est un des livres du retour au pays d’Hilsenrath qui, après des années d’exil aux Etats-Unis, retrouve une Allemagne partagée entre la culpabilité et la nostalgie des années de sa grande puissance. Dans Berlin s’agitent des Herr et des Frau Zibulsky, petits personnages de rien qui figurent toute la lâcheté et la petitesse du genre humain, qu’ils soient un reflet de l’auteur, d’anciens nazis qui gardent dans la naphtaline leur beau costume d’officier ou des électeurs à nouveau tentés par le repli identitaire.
Si les formes courtes ne permettent pas à Hilsenrath de déployer l’ampleur picaresque qui fait le sel de ses grands romans, on y retrouve tout de même l’humour désespéré qui est sa marque de fabrique.