Plus jamais je ne verrai les trains comme des véhicules inexpressifs et insignifiants. Gamal Ghitany tourne les mots en incantations magiques pour nous emmener en voyage dans ses souvenirs à ses côtés. Ce ne peut pas être qu'un carnet autobiographique, le lecteur retrouve tant de lui-même dans ce carnet. Gamal Ghitany fait des trains des sémaphores eux-mêmes, des supports de mémoire, de sensations, de sentiments, un lumineux signal d'arrêt de l'instant présent. Que c'est curieux, le thème de la solitude revient souvent et pourtant, on se sent rarement si bien accompagné qu'en lisant Sémaphores.
Le temps qui passe, les êtres chers, la tendresse, le monologue intérieur, l'introspection, la mélancolie, le retour sur soi, les couleurs, les couleurs, beaucoup de couleurs...
Sémaphores ne se lit pas comme un roman, il ne se lit pas d'une traite, il nous accompagne plusieurs jours, chacun de ses chapitres est un voyage et demande du temps.



A l'heure où j'écris ce carnet, trente et un ans me séparent de ces jours-là. Le temps passe, les gares et les haltes se succèdent. Beaucoup d'instants s'évanouissent et d'autres restent. Certaines images demeurent presque palpables, tant elles me paraissent claires. D'autres ne me reviendront jamais. J'aurai beau m'évertuer, je ne pourrai plus les arracher au néant où elles se sont peu à peu éteintes. Je ne sais pourquoi tel instant s'efface tandis que tel autre laisse une trace indélébile. Je ne sais sous quelle impulsion, en vertu de quelles lois invisibles certains s'éloignent et d'autres restent proches. Une chose est sûre... (p. 98)



La vie peut être douce sauf en cette heure, la Terre peut être douce sauf en ce lieu.

smilla
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le 10 mai 2017

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