C'est le premier livre d'Amélie Nothomb que je lis et il suscite autant de perplexité que d'interrogations. Il a pour but de décrire de manière drolatique les déboires professionnels, fort sévères, qu'elle a rencontrés dans une société commerciale japonaise. Et elle y réussit : j'ai plutôt passé un bon moment, ça se laisse lire, ça m'a fait rire autant que frémir, donc le but est atteint.
Ceci ne va pas sans certains écueils
Formellement, déjà, le style est un peu plat, bien que la rapidité et la relative fluidité des phrases permettent à l'action de fuser et que j'ai été sensible à l'emploi d'imparfaits et de plus-que-parfaits du subjonctif.
Sur le fond, je suis convaincu que l'auteur ait vécu des instants terribles dans cette entreprise, auxquels je compatis. C'est glaçant.
Mais à quel degré cet écrit fait-il preuve d'objectivité ? et Amélie-San n'a-t-elle pas failli dans son intégration professionnelle au sein de l'entreprise ? Une carence de la maîtrise de la langue, contrairement à ce qu'elle allègue elle-même, y serait-elle pour quelque chose ? Cela expliquerait des décalages inexpliqués. Aussi avoue-t-elle ne pas avoir capté presque un traître mot entre sa supérieure et le Vice-Président obèse de la boîte. Ca n'est pas des supputations de ma part, de simples interrogations exprimant mes doutes pendant l'ensemble de la lecture.
Par ailleurs, il est surprenant de constater que ce roman véhicule beaucoup de clichés, qui arrivent à véhiculer un certain comique de situation dû à l'incompréhension, dont elle s'avère être la première victime. Les contraintes sociales nippones sont réputés être très fortes, mais ne sont-elles pas caricaturées ? Je n'arrive pas à avoir de conviction là-dessus, car je ne maîtrise quasiment pas d'éléments de civilisation japonaise. Et c'est l'élément autobiographique qui paraît gênant.
En effet, du même coup, ce roman manque d'analyse rétrospective, voire d'objectivité, ce qui est compensé en partie par cet humour, bien que critiquable par moments où il donne l'impression de vouloir se moquer sans vouloir "trop s'intégrer" et rester à l'écart, ce dont finalement elle finit par se contenter : aussi écrit-elle qu'elle se montre fort heureuse de ne rien avoir à faire.
Mes sentiments sont ambivalents. "Pas si mal".