Tamanoir, Jean-Luc A. d’Asciano, Aux forges de Vulcain
Tamanoir, Nathanaël de son prénom est un enquêteur atypique. Pourvu d’un compte en banque qui se remplit seul -la chance-, il peut se permettre de fouiner où il veut. Et un double-meurtre au Père Lachaise, des bénévoles d’une association caritative, est très tentant pour lui.
Le livre débute par une description incroyable du cimetière. Les phrases sont travaillées, belles et donnent envie de continuer la lecture. Du polar littéraire me dis-je alors. Chouette. La suite n’est pas en reste, indubitablement l’auteur a du style et une imagination débordante.
Tamanoir fréquente les bas quartiers, les misérables, les pauvres et nous avec lui. Son Paris est celui des errants, des laissés-pour-compte. Il avance tranquillement dans son enquête jusqu’à ce qu’il rencontre un clochard pouilleux, sale, même aux yeux et aux nez des autres clochards, accompagné -ou vice-versa- d’un énigmatique matou. Dès lors, les investigations prendront un tour davantage fantastique. Et lorsque les méchants touchent à Coventina, la compagne de Tamanoir, plus rien ne retient le groupe de bras cassés que l’enquêteur à constitué.
Un polar qui prend les codes du genre, pour les restituer de manière originale, qui bâtit son intrigue sur des personnages loufoques, décalés, très bien décrits, auxquels, malgré leurs -très- nombreux défauts voire tares, l’on s’attache et que l’on aimerait bien retrouver. Et comme Jean-Luc A. d’Asciano annonce dans les remerciements, qu’il pourrait y avoir des "suites. Beaucoup de suites…" , l’on se prend à y croire.