Voilà bien longtemps que je n’avais plus été autant déçu par une de mes lectures.
Peut-être était-ce un achat compulsif. Je désirais lire un roman de fantasy « one-shot », relativement récent, et celui-ci correspondait aux critères, d’autant que les critiques ont été dithyrambiques.
Hélas, à mes yeux, il n’a pas été à la hauteur.
Je n’ai rien contre la politique dans la fantasy, sinon je n’aurais pas acheté ce livre. Certaines de mes sagas favorites, parmi lesquelles se trouvent Malazan, La Roue du Temps, A Song of Ice and Fire, The Poppy War, sans oublier les livres de Brandon Sanderson, maîtrisent très bien l’aspect politique de leur récit.
Ici, cependant, rien de palpitant à se mettre sous la dent. L’histoire enchaîne la plupart des poncifs auxquels on assimile le genre :
Maia est un « underdog » propulsé au plus haut sommet du pouvoir malgré lui. Évidemment que la mort de son père et ses frères n’était pas accidentelle. Évidemment que sa belle-mère convoite le pouvoir. Évidemment que le récit s’attarde sur les funérailles et son couronnement, et surtout son mariage. Évidemment que l’on tente de l’assassiner et… Voilà, le roman se termine déjà.
Et le style, somme toute classique, n’élève pas un contenu fort conventionnel. Je n’exige pas que chaque roman révolutionne le genre, mais je crains que celui-ci rate son propre concept. Car oui, si je me le suis procuré, c’est aussi car le titre « The goblin emperor » se révélait intrigant. Qu’en est-il fait ?
Pas grand-chose, il s’agit surtout d’un choix esthétique. Ironiquement, la galerie de personnages aux noms longs et complexes qui est souvent reproché aux genres fonctionne dans bien d’autres sagas, là le récit n’en devient que plus confus. Les backgrounds des personnages nous sont étalés sitôt qu’ils ont introduit.
Mais surtout, quid des gobelins ? Le roman laisse entendre une différence de traitements par rapport aux elfes et exploite pourtant rarement cela en dehors de quelques choix esthétiques. C’est là que le bât blesse : la fantasy permet des possibilités presque infinies, malheureusement il en résulte une histoire confinée. Je comprends que cela puisse plaire, mais pour ma part, cette lecture s’est avérée ennuyeuse et inintéressante.