Un divorce, un nouvel appartement, des travaux : Faye n’a pas vraiment besoin de l’e-mail d’une astrologue aux absurdes tournures semi-automatiques, qu’elle reçoit en ouverture de Transit, pour savoir que des bouleversements majeurs sont en train de se produire dans sa vie.
Faye, la quarantaine, écrivaine mère de deux enfants, est l’héroïne d’un triptyque composé de Disent-ils, Transit et Kudos - chaque volume pouvant se lire indépendamment. Observatrice rigoureuse et narratrice curieusement distante de ce récit à la structure lâche, elle rend compte de rencontres et de conversations plus ou moins signifiantes avec un de ses ex, ses enfants, des couples d’amis, son coiffeur ou les ouvriers qui font des travaux chez elle.
Difficile de dire d’où vient le pouvoir d’attraction phénoménal de cette écriture savamment distanciée, jusqu’à la froideur, de ces scènes disjointes à peine liées par l’arc narratif des travaux et de l’organisation familiale après la séparation et par une thématique commune du changement comme une lame de fond, de ces dialogues dans lesquels les remarques les plus prosaïques semblent paradoxalement les plus porteuses de sens - jamais une discussion sur une teinture de cheveux ne m’a semblé aussi importante -, presque jusqu’à flirter avec l’irréel.