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Truismes par Jessica Tomodachi

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L’année dernière, je suis tombée sur un essai intéressant sur la littérature: La littérature sans estomac de Pierre Jourde. L’auteur y faisait une critique acerbe des romans promus au rang de chefs-d’œuvre. Parmi ces romans, figurait Truismes de Marie Darrieussecq. C’est donc uniquement poussée par la curiosité que je me suis retrouvée à lire ce dernier, étant donné que ce n’est franchement pas le genre d’auteur et de littérature vers lesquels je me tourne instinctivement. Toutefois à sa sortie en 1998, le roman a fait beaucoup parlé de lui, on parlait d’une œuvre de génie que tout le monde se devait de lire. Voyons voir…

Pour l’histoire c’est plutôt simple. Le lecteur suit une fille qui va progressivement se transformer en…truie. Vous avez bien lu, en truie. Dans le genre métamorphose, on connaissait déjà celle du cafard, sublimement décrite par Kafka. Si Marie Darrieussecq a voulu imiter Kafka et bien disons-le tout de suite, c’est selon moi complètement raté. N’est pas Kafka qui veut…

Le roman est très court et heureusement! C’est le seul point que j’ai apprécié au final. Les 150 pages ont amplement suffi à m’écœurer. Le style de l’auteur est creux et sans âme, monotone. Où est cette fameuse « signature » de l’auteur? Je la cherche encore.

Le personnage principal, la fille qui se métamorphose en truie, est très égocentrée (moi, je, je, je…) et tellement naïve et pardonnez-moi l’expression, débile. Elle se fait embaucher dans une grande parfumerie et au final le lecteur se rend vite compte qu’elle est ni plus ni moins qu’une prostituée. Elle semble ne pas vraiment s’en apercevoir, les situations semblent plus que normales pour elle. Franchement, il y a des scènes où elle est clairement humiliée et elle ne réagit pas…ou alors ça la fait sourire. Cela m’a agacé de voir cette fille, objet sexuel pour tous, complètement déconnectée de la réalité. Les autres personnages qui peuplent le roman sont dégoûtants, malsains, et profiteurs, hormis son « petit ami », un homme qui lui se transforme en Loup-garou…oui, oui, vous avez bien lu, comme si la truie ne suffisait pas.

Certes, entre les lignes, on peut voir la volonté de Marie Darrieussecq de dénoncer certains vices et travers de notre société: la femme vu comme un objet (sexuel, marketing, publicitaire), la prostitution, la différence, la domination des hommes, mais malheureusement je trouve que cela est très mal exploité.

Roman vite lu et qui sera très vite oublié. Un style inexistant, une « héroïne » peu crédible au comportement agaçant. Un sentiment de malaise m’a suivi durant toute ma lecture. La succession de scènes malsaines et dérangeantes pour dénoncer la prostitution et la domination masculine sur les femmes vues comme de simples objets ne m’a pas convaincue. C’est plutôt la nausée qui m’envahissait en refermant le livre. Je vous recommande mille fois La métamorphose de Kafka, je préfère le cafard à la truie…

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