Distance, contemplation et fragilité

Avis sur Un pont sur la brume

Avatar AldreaShierow
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Très beau roman qui prend certes place dans un monde imaginaire mais pour parler des grandes et petites choses qui font la vie humaine.
Kit est un architecte qui débarque dans un bled paumé pour construire un pont qui permettra de passer au dessus de la brume, cet élément mystérieux et parfois mortel qui cache divers bestioles, dont les Géants, ces être de plusieurs dizaines de mètres que personne n'a su approcher d'assez près pour en revenir vivant. Il se lie d'amitié avec les habitants, dont la belle Rasali dont le métier et de faire traverser la brume sur son bac.
Ici pas de scènes d'action ni de dialogues passionnés. Pas de violence ni de combat. On se laisse glisser le long du fleuve paisible (ou non) de la construction d'un pont, avec son lot de problèmes et d'interrogations. Ce roman est terriblement beau par les images qu'il construit et par son rythme très contemplatif, à la fois lent et terriblement rapide, comme une vie qui passe. Comme le pont dont il décrit l'avancée (et qui est en réalité le véritable héros), l'auteure prend de la hauteur et raconte toute cette histoire avec beaucoup de distance, en prenant le temps de décrire la transformation d'une ville et d'une région entière tout en douceur, comme pour mieux démontrer la fragilité de ces installations humaines, pourtant colossales et moteur de changements radicaux dans la vie des hommes.
On pourrait alors s'attendre à une froideur générale, pourtant une énorme tendresse ressort de ce roman et on s'attache au héros, aux personnages secondaires, aux habitants, à la ville, au pont, et même à la brume. Il en ressort une gigantesque nostalgie à la fois d'un époque révolue et d'une autre à venir. Que du beau.

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