A nouveau je me réfugie auprès de Ragnar Jònasson lorsque mes lectures m'ennuient, et à nouveau il m'accueille dignement. Encore une fois (ça devient une habitude) je ne commence pas par le premier tome de cette série (mais ça ne change rien au plaisir) qui nous permet de suivre Ari Thor, très jeune policier d'un petit village perdu du nord de l'Islande. Il s'agit d'une série dont je n'avais encore ouvert aucun livre car, vous commencez à le savoir, je ne suis pas très friande des enquêtes policières per se. Mais force est de constater qu'avec Ragnar je me sens comme à la maison.
Ari Thor est invité par son ancien collègue Tomas à venir le seconder dans une enquête qui a lieu aux confins de l'Islande, à la limite du cercle polaire, le tout la veille de Noël. Une jeune femme est retrouvée écrasée au pied d'une falaise où sa mère et sa sœur ont elles-mêmes trouvé la mort il y a 25 ans. Seules deux familles vivent ici et c'est dans ce petit microcosme que l'enquête va se dérouler.
Ici on change de traducteur et l'écriture m'a parue bien plus fluide (à part étrangement le dernier chapitre, comme si le correcteur avait été pris de court, et on retrouve les mêmes tournures maladroites auquel l'auteur nous a habitué. Vraiment étonnant sur juste une dizaine de pages sur tout un roman !). En revanche on retrouve les thèmes chers à l'auteur et qui fonctionnent toujours aussi bien sur moi : huis-clos, Noël et ses traditions (je commence à bien m'y connaître sur les traditions islandaises !), le froid, les vieux secrets, les relations amicales qui ne sont qu'apparences. Je regrette un peu que le tueur soit finalement si "reconnaissable" et la fausse piste trop grossière, mais je dois admettre que je me suis beaucoup trituré les méninges. Comme à l'ordinaire, ce qui fonctionne particulièrement pour moi avec cet auteur, c'est l'atmosphère pesante qu'il installe. On s'y croit vraiment. J'avais peur de ne pas du tout adhérer à cette série des enquêtes d'Ari Thor mais ce premier épisode m'a convaincue. Je suis bien partie pour lire tous les romans de cet auteur (on a trouvé mon nouveau Christopher Pike) et si je m'étais écoutée, je les aurais immédiatement enchaînés. Mais apprenons à savourer le plaisir pour trouver le réconfort là où il se trouve en période de disette.