L’humour est un remède contre le désespoir ! Alors utilisons au mieux cette arme de la dernière chance !


Après un prologue où le personnage central se révolte contre les limites de son libre-arbitre, on se lance dans un état des lieux bien actuel !

La politique est un sujet de choix dans ce domaine, tant les occasions sont nombreuses d’en souligner les aberrations. 

Dans ce roman court et direct, la situation politique du pays est instable. Le président semble dépassé et le peuple en a plus qu’assez. Le peuple, c’est Hugo, qui vient d’apprendre que la promotion qu’il attendait est finalement un solde de tout compte. Sa situation privée n’est pas non plus idéale, séparé, une garde alternée pour son fils. Sur un malentendu, un micro-trottoir rue du Château des rentiers  il émet l’idée de se présenter aux élections présidentielles  et de 

vendre le pays, au plus offrant, et de redistribuer l’argent récolté, une approximation a déterminé que chaque français recevrait alors douze millions d’euros ! 


Il s’agit d’une farce, du développement d’une logique absurde, mais le raisonnement sophiste permet de poser un certain nombre de questions sur ce qui fait la valeur d’un patrimoine. 


Malgré l’énormité de la blague, on perçoit la connaissance pointue de l’auteur des rouages de notre société, et de son fonctionnement. Il nous manipule avec beaucoup d’esprit et d’ironie, avec une verve sans pareille !  Une magie de la langue qui apparaît dans des punchlines désopilantes : 


L'excision de leurs espoirs à chaque consultation les rendait insensibles aux caresses des candidats, ils préféraient l'abstinence aux orgies de promesses.

Une tiktokerie, deux hanounaneries suffisaient à faire campagne et illusion de démocratie.


Notre personnage n’est pas le premier à s’être lancé dans une campagne absurde, Pascal Manoukian rappelle la candidature de Coluche et d’autres plus anciennes comme celle de Ferdinand Lop, qui envisageait de supprimer le wagon de queue du métro. 

Quant à la vente du pays, plus récemment en littérature Mó Malo imaginait une sombre histoire de chantage autour de la vente du Groenland. 


L’intrigue est truffée  d’anecdotes qui nous rappellent à quel point la situation de notre pays est borderline si l’on suit un peu l’actualité  du moment. C’est en fait triste, alors rions !


Merci à l’auteur pour sa confiance.



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le 15 déc. 2025

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