Annoncé par son éditeur comme un roman, À la place du mort sonne pourtant plus comme un récit. D'ailleurs, même le narrateur parle de ses mots comme d'un récit d'évènements qui lui sont arrivés, distillant ainsi le doute dans l'esprit du lecteur. Vrai ou faux récit donc, je ne sais pas, mais en tout cas À la place du mort donne l'impression d'être un récit, pas un roman. Et comme je ne suis pas fan des récits, je n'augurais rien de bon à la lecture des premières pages de cet ouvrage.
Le narrateur du livre y raconte comment, dans les années 80, à l'âge de douze ans, il fut victime d'un viol. Sous la menace d'une arme, un homme le contraignit à monter à bord de sa voiture où, trois heures durant, il lui fit subir des attouchements et le força à lui en prodiguer, avant de le sodomiser. Ce récit exutoire permet au narrateur de s'affranchir de ce traumatisme tout en nous exposant comment cela a influé sur sa vie.
Bien que ce livre soit bien écrit et intéressant dans sa construction (le narrateur ne raconte pas son calvaire d'un bloc mais en fragmente la narration en n'en délivrant que des bribes de-ci de-là, étalant ainsi sa mésaventure sur l'ensemble du récit), je pense que je ne l'ai pas lu à la bonne période pour pouvoir l'apprécier à sa juste valeur – de ce fait ma note est sûrement un peu sévère. À quelques jours de Noël, j'aurais préféré lire quelque chose de léger plutôt que de plonger dans un sujet aussi grave ; j'aurais dû laisser ce bouquin dans ma PAL quelques semaines, voire quelques mois de plus. Mauvais timing de ma part !